Les jeunes et le cannabis : Le cannabis au Canada

Éléna Beauvais (L’Eau vive)
L’Eau vive a demandé à des jeunes de s’exprimer sur la légalisation de la marijuana. Taux de dépendance, incidences environnementales de sa culture : Éléna Beauvais est contre.
Éléna Beauvais, 18 ans, étudiante en Aboriginal Policing Preparation Program à la Saskatchewan Polytech. Photo : gracieuseté

Originaire de l’Asie centrale, le cannabis est composé de plus de 500 substances différentes, dont le THC (tétrahydrocannabinol). Tandis que plusieurs personnes trouvent qu’il y a des points positifs, d’autres pensent que la légalisation de cette drogue — la plus consommée mondialement — n’est pas une bonne chose.

Même si le cannabis est une drogue naturelle, il n’est pas inoffensif. Notre pays est-il prêt à franchir cette étape et à sentir comme une mouffette ? Peut-être que sa légalisation comporte plusieurs risques pour notre santé physique et mentale, augmentera le taux de dépendance, pourrait causer plus d’accidents de la route et aura des effets négatifs sur l’environnement ?

Arguments contre

Même si le cannabis peut avoir des usages médicaux, dans des circonstances contrôlées, fumer ou manger des petites sucreries au cannabis n’est tout simplement pas bon pour le corps. Le cannabis est surtout mauvais pour le cerveau, les poumons et le cœur. Les consommateurs de « pot » courent également des risques plus élevés de développer des problèmes de santé mentale comme la schizophrénie et la dépression.

L’utilisation de drogues douces comme le cannabis conduit souvent à l’utilisation de drogues dures, comme l’héroïne et la cocaïne. Des recherches effectuées en Nouvelle-Zélande ont démontré que les consommateurs réguliers de cannabis étaient 60 fois plus susceptibles de consommer d’autres drogues que les jeunes qui n’avaient jamais fumé cette plante.

Le cannabis lui-même devient plus fort. Les joints que les « hippies » fumaient dans les années 1960 contenaient environ 1 % de THC, le produit chimique responsable des effets psychotropes de la marijuana* (feuilles de la plante). Les niveaux de THC d’aujourd’hui peuvent atteindre plus de 30 %.

Aussi, quand le cannabis sera légal, évidemment, il va y avoir plus de consommateurs. Selon un sondage mené par Radio-Canada, 54 % des gens au Canada croient qu’il va y avoir plus de consommation chez les mineurs, et 59 % croient qu’il va y avoir plus d’accidents de la route. Même si ces nombres relèvent de la spéculation, plus de la moitié des personnes sont craintives face à la légalisation du cannabis. Pourquoi voulons-nous légaliser un autre produit qui pourrait potentiellement être dangereux quand on a de la difficulté à contrôler l’alcool ?

Impact environnemental

La légalisation du cannabis amène aussi beaucoup d’inquiétudes relativement au réseau électrique de notre pays et à l’environnement.

Par exemple, une étude réalisée en 2012 par le scientifique Evan Mills, au Lawrence Berkeley National Laboratory aux États-Unis, a démontré que les fermes qui peuvent légalement cultiver de la marijuana représentaient 1 % de la consommation d’électricité du pays, ce qui représente environ 6 milliards de dollars par an. Les installations pour une culture intérieure de cannabis (appareils d’éclairages, déshumidificateurs, etc.) consomment environ huit fois plus d’énergie par pied carré qu’un bâtiment commercial normal. Qui plus est, ce chiffre d’utilisation totale d’électricité a été dévoilé avant que huit autres États américains légalisent la marijuana. Alors, pourquoi ne pas le faire pousser dehors ?

La culture à l’extérieur est plus économique qu’à l’intérieur, mais il y a tout de même des points négatifs. Les plants de cannabis sont des espèces herbacées qui nécessitent beaucoup d’eau. Par jour, elles nécessitent environ six gallons d’eau (environ 23 litres). Pour vous donner une idée, un lave-vaisselle utilise quatre gallons d’eau (environ 15 litres). Au moins, dehors, on n’a pas besoin de les brancher au soleil !

Puisqu’on est dehors, les pesticides utilisés et le poison à rats pour conserver une belle culture peuvent tuer les animaux autour des plants, comme le pékan, un animal ressemblant à une belette de la taille d’un chat. Une étude récente a montré que plus de 85 % des pékans qui se retrouvent près des sites de cultures de cannabis de l’État du Nevada ont été exposés au poison, ce qui représentait environ 10 % de tous les décès de cette espèce en voie de disparition. Alors, qu’allons-nous faire pour que notre faune soit sécurisée ? Six gallons d’eau par jour, par plante, représentent une quantité d’eau extrêmement élevée. Pouvons-nous vraiment nous le permettre ?

Pour conclure, je trouve que la légalisation du cannabis n’est pas une bonne idée. Plusieurs personnes, surtout les mineurs, vont profiter de cette légalisation pour s’engouffrer encore plus. Le taux de dépendance à d’autres drogues va augmenter, la santé mentale et physique des gens va se dégrader, on va devoir être plus méfiant sur les routes, et notre environnement va subir plusieurs conséquences aussi. Comme Canadiens, sommes-nous vraiment prêts pour cette prochaine étape, sachant tous ces problèmes qui se produiront suite à la légalisation ?

*Le cannabis (ou chanvre indien) représente la plante à part entière, la marijuana constitue les feuilles de cette plante et le haschich est la résine du cannabis.