Le Sénat du Canada a la capacité et le devoir de s’engager dans le Programme 2030

Sénatrice Diane Bellemare

 

Chaque semaine, par le biais de Francopresse, un sénateur ou une sénatrice présente un texte d’op inion sur un sujet pertinent pour les lecteurs de Francopresse et des journaux membres de l’Association de la presse francophone. Les opinions exprimées dans ces textes n’engagent que leurs auteur(e)s.

 

Sénatrice Diane BellemareLe Programme de développement durable à l’horizon 2030 est un plan d’action des Nations unies pour « l’humanité, la planète et la prospérité » qui repose sur 17 objectifs de développement durable. Il propose une réponse mondiale aux problèmes les plus pressants de la terre.

Le Programme 2030 s’apparente en quelque sorte aux termes d’un nouveau contrat social mondial pour le 21e siècle. Il traduit les aspirations universelles de tout être humain et décline les 17 objectifs en 169 cibles précises à atteindre d’ici 2030. Il est important de noter que les objectifs de développement durable sont universels et s’appliquent à tous les pays, pas seulement aux pays en développement. Ils concernent notamment l’élimination de la pauvreté, l’accès à la santé, à l’éducation et à l’eau, la consommation et la production durables, la préservation des écosystèmes terrestres, l’avènement de sociétés pacifiques, le travail décent et la croissance économique.

Le Canada est parmi les 193 pays qui se sont engagés à travailler à l’atteinte des 17 objectifs, mais des bulletins récents soulignent qu’il a du rattrapage à faire pour réaliser ses objectifs.

Une analyse de la Brookings Institution publiée en mars 2018 relève que le Canada a réussi dans plusieurs domaines. Mais dans d’autres domaines, précise cette analyse, le Canada doit faire mieux, surtout en ce qui concerne l’insécurité alimentaire, le taux d’obésité infantile et les questions de toxicomanie.

Comment réussir à engager la communauté des affaires et la communauté financière ? C’est exactement pour relever ce défi que les 17 objectifs doivent être poursuivis simultanément. Ce sera sans doute un exercice politique délicat et une responsabilité considérable pour les parlementaires et les personnalités politiques de promouvoir ce programme au Canada.

Et voilà où le Sénat pourrait avoir un rôle important à jouer. Les comités sénatoriaux étudient des problèmes pressants qui concernent la politique publique au Canada. Parmi les récentes études qui ont eu un impact considérable, mentionnons les rapports sur la santé mentale, les soins palliatifs ou alors les barrières au commerce interprovincial. De plus, le fait que les sénateurs travaillent hors du cycle électoral leur permet d’avoir une vision à long terme, qui est, dans le meilleur des cas, indépendante des enjeux politiques.

En raison de sa continuité et de sa mémoire institutionnelle, et parce qu’il n’est pas soumis au cycle électoral, le Sénat est un véhicule approprié pour faire le suivi des objectifs. Après tout, le Programme 2030 fait référence à des problématiques constantes, tenaces et universelles pour toute société démocratique comme le Canada. Le Sénat peut avoir une vue d’ensemble d’autant plus large que les sénateurs sont aujourd’hui indépendants. Ils travaillent, pour la plupart, en dehors des contraintes partisanes.

Les sénateurs pourraient aussi faire valoir les objectifs dans leur travail en dehors des comités, notamment par des discours, interpellations, propositions d’études, motions, projets de loi, tout comme par des activités dans chaque province, voire des interventions médiatiques.

L’année 2030 approche rapidement. Le Programme 2030 permettra aux sénateurs de canaliser leurs énergies pour aider le Canada à participer durablement à l’édification d’un monde meilleur.

 

La sénatrice Diane Bellemare représente la division d’Alma, Québec. Elle est économiste et coordonnatrice législative du gouvernement au Sénat.