C’est l’énergie renouvelable, et non le secteur pétrolier et gazier, qui mérite l’appui du gouvernement

Sénatrice Rosa Galvez
C’est l’énergie renouvelable, et non le secteur pétrolier et gazier, qui mérite l’appui du gouvernement Rosa Galvez.
La sénatrice Rosa Galvez. Crédit photo : Photo officielle/www.sencanada.ca

Les Canadiens veulent de l’énergie d’origine renouvelable. Selon un sondage d’opinion publique mené pour la Fondation David Suzuki, 86 % des Canadiens s’inquiètent des changements climatiques ; l’énergie renouvelable représente l’un des meilleurs espoirs de notre pays, grand consommateur d’énergie, pour la préservation de l’environnement.

Il ne fait aucun doute qu’une nation pour qui la protection des écosystèmes est une priorité devrait investir dans les infrastructures et les technologies en énergie renouvelable, comme le solaire, l’éolien, l’hydroélectricité, la géothermie, les biocarburants et la biomasse.

Je suis convaincue que le gouvernement fédéral devrait appuyer la transition du Canada vers des sources d’énergie renouvelables.

Pour commencer, cette transition ne va pas assez vite pour maintenir le réchauffement planétaire en dessous de 2 0C, comme le Canada et 194 autres pays s’y sont engagés dans le cadre de l’Accord de Paris de 2015.

On peut affirmer sans se tromper que la vitesse de notre transition est aussi importante que la transition elle-même. C’est au gouvernement de faire bouger les choses.

Selon l’Institut international du développement durable, le Canada aurait en 2015 consacré 3,3 milliards de dollars en subventions à sa propre industrie pétrolière et gazière, même si elle continue de recueillir d’énormes profits.

En réacheminant cet argent à l’énergie renouvelable, l’État pourrait stimuler le développement de programmes bien de chez nous. Étant donné que le gouvernement subventionne généreusement et depuis si longtemps le secteur pétrolier et gazier, et comme nous devons impérativement accélérer le développement de l’énergie renouvelable, les subventions devraient servir à favoriser les progrès et à intensifier notre contribution à la lutte contre les changements climatiques.

Le Canada aura toujours besoin de pétrole et de gaz, du moins dans un avenir proche. Ils entrent dans la composition de nombreux produits sur lesquels nous comptons, et les dérivés du pétrole continueront d’alimenter les régions isolées du pays qui n’auront pas facilement accès aux énergies renouvelables. Mais ce n’est pas une raison pour s’accrocher aux procédés du passé.

Il est temps que le Canada passe à l’action.

Nous avons l’obligation juridique d’atteindre la cible fixée par l’Accord de Paris.

Nous avons l’obligation économique de nous sevrer des carburants fossiles alors même que des pays comme la Chine, l’Inde et le Brésil investissent massivement dans l’énergie renouvelable.

Et nous avons l’obligation morale de léguer aux générations futures une planète plus saine que celle dont nous avons nous-mêmes hérité.

La sénatrice Rosa Galvez, Ph. D., P. Eng., représente la circonscription de Bedford, au Québec. Elle est l’une des plus grandes expertes du Canada en contrôle de la pollution et préside le Comité sénatorial de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles.