La francophonie au cœur de Grande Prairie

Fuat Seker et Hélène Lequitte (Le Franco)

 

La ville de Grande Prairie a accueilli du 5 au 7 septembre le Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique (RVFFA), une rencontre organisée par l’association francophone (ACFA) de Grande Prairie et le Centre de la francophonie des Amériques. Ateliers, parcours croisés, panels, conférences et spectacles étaient au programme de ces trois jours. L’événement, placé sous le thème de la promotion de la culture francophone au sein des communautés anglophones, a permis de mettre Grande Prairie sur la carte, et d’offrir l’opportunité d’affiner des connaissances mutuelles.

Grande Prairie, en Alberta, a accueilli du 5 au 7 septembre le Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique. L’événement était placé sous le thème de la promotion de la culture francophone au sein des communautés anglophones. Récit du journal franco-albertain Le Franco.
Crédit : Le Franco

 

Dans une approche inclusive et solidaire, le RVFFA qui compte 140 villes membres s’est attelé, durant ces trois jours, à revitaliser les communautés francophones, et mettre en valeur le patrimoine francophone. Comme le confie Denis Desgagné, président-directeur général du Centre de la francophonie des Amériques, « il faut que les villes membres et non membres puissent se rencontrer », et à plus à long terme, « l’objectif étant de créer des circuits touristiques ».

Pour Denis Desgagné, l’Alberta est un véritable retour au bercail, puisque c’est dans cette province où il a fait ses premières armes en matière de développement de la francophonie. « En dehors du Canada, les gens ont souvent tendance à penser que la francophonie c’est le Québec, or il y a une francophonie très vivante et vibrante en Alberta », constatait-il en ouverture du RVFFA.

 

Grande Prairie sur la carte

Près de 300 personnes issues des quatre coins des Amériques se sont donc retrouvées pour la première fois dans l’Ouest canadien. Une première qui révèle aussi une évolution qui va dans le bon sens selon Michel Robitaille, 1er PDG du Centre de la francophonie des Amériques. D’après lui, « le fait que la réunion se tienne à Grande Prairie, démontre la volonté du réseau d’être partout, et pas uniquement dans les grands centres ».

Grande Prairie, en Alberta, a accueilli du 5 au 7 septembre le Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique. L’événement était placé sous le thème de la promotion de la culture francophone au sein des communautés anglophones. Récit du journal franco-albertain Le Franco.
Crédit : Le Franco

Pour Marc Arnal, président de l’ACFA provinciale, la venue du Réseau des villes c’est aussi l’émergence d’un nouveau modèle d’avenir pour la pérennité de la francophonie. « Grande Prairie est un prototype intéressant auquel on peut se référer, c’est une municipalité à grande majorité anglophone qui reconnaît la part des francophones… et qui a accepté et embrassé le français comme quelque chose de positif. Je pense que l’avenir de la francophonie va se décider à l’extérieur de la francophonie en un sens », analyse-t-il.

 

Des projets à long terme

Les choses évoluent, mais prennent aussi du temps, concède M. Desgagné. « Ce sont des projets de 20 ans, ce sont des projets de transformation sociétale qui rapprochent d’abord les organisations de leurs villes entre anglophones, francophones et autochtones, c’est un projet de dialogue transculturel où le français est un vecteur, un moyen de transformation », explique le PDG.

De son côté, le Centre de la francophonie des Amériques a présenté un bilan positif, puisque le Réseau a fait la promotion de ses activités auprès des partenaires déjà existants au Canada, aux États-Unis, en passant par l’Amérique du Sud, notamment en Colombie et au Costa Rica. Cette année, le Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA) est devenu l’un des partenaires principaux. L’organisme a développé une entente avec le Réseau des villes du Centre des Amériques pour la mise en place de routes et de circuits touristiques basés sur le patrimoine francophone de l’Alberta.

Cependant, pour le président de l’ACFA, Marc Arnal, le tourisme n’est pas l’unique domaine à explorer. « Il y a l’économie sociale et les microcrédits, les prêts pour les nouveaux arrivants qui fonctionnent très bien au Manitoba et en Ontario, les taux de repaiement sont au-delà de 90 % », explique-t-il.

 

Mobilisation, créativité, passion

La créativité aussi était au rendez-vous de ces trois jours puisque les participants y ont trouvé des ateliers et des discussions très pertinentes autour de réflexions clés telles que « l’impact de la culture, de l’histoire, de la technologie, et de l’économie collaborative », citait M. Desgagné sur le développement de la francophonie.

Au-delà de se retrouver uniquement au cœur des débats et des discussions, la passion se retrouvait au cœur du RVFFA. La passion a suivi les participants jusqu’au bout de la soirée avec deux concerts de musique « People Church » proposés le jeudi soir. Jouée successivement par les petits pouces de Grande Prairie et les têtes d’affiche albertaines, la musique francophone a définitivement fait vibrer.

Le prochain rendez-vous du Réseau des villes se donnera les 16 et 17 août prochain à Moncton, au Nouveau-Brunswick.