À l’aube d’une nouvelle saison de pêche au homard : Un vent d’optimisme règne sur les quais

Quelques pêcheurs apportaient des améliorations et faisaient des rénovations à leur bateau, au quai de l’Aboiteau, à Cap-Pelé. Photo : Claire Lanteigne, Le Moniteur acadien
Claire Lanteigne (Le Moniteur acadien)

On sentait un vent d’optimisme sur les quais du Sud-est du Nouveau-Brunswick, à la toute fin du mois de juillet, alors que les pêcheurs préparaient leurs bateaux pour la nouvelle saison de pêche au homard qui devrait débuter le 9 août pour se terminer le 10 octobre.

Pour plusieurs pêcheurs, c’est le temps de faire des améliorations ou des rénovations à leurs bateaux tandis qu’au début de la semaine prochaine on va préparer les trappes et les charger sur les bateaux, « on ne travaille pas trop fort » de dire quelques pêcheurs en riant, « il fait trop chaud, mais on en profite pour améliorer nos gagne-pains. Il faut s’assurer que tout sera en ordre pour le 9 août. Et encore mieux pour toute la saison », d’ajouter un autre.

Pour la plupart des pêcheurs rencontrés, la saison s’annonce bonne du côté des ressources. « Nous pouvons compter sur l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM) qui a mis beaucoup d’efforts pour développer de nouveaux marchés et qui a investi pour faire la promotion du homard. Leurs démarches et nos sacrifices portent fruit. Nous n’avons pas le problème de savoir où vendre, les gens courent après les usines », a-t-on dit au Moniteur acadien.

« Mais comme à chaque année, d’ajouter quelques pêcheurs, la grosse question c’est de savoir ce qui va se passer au niveau du prix que nous recevrons. On ne sait jamais ce qui va se payer au quai, mais on espère que ce sera un bon prix pour notre rentabilité. Tout ce qu’on demande nous autres, c’est de recevoir la juste valeur pour nos prises et de rentrer dans notre argent. On investit dans cette pêche ici. »

« Mais c’est toujours la même affaire, chaque année nous partons en mer sans savoir ce que nous recevrons pour nos prises. C’est comme une habitude, mais on espère une hausse de prix sur l’an dernier. Une chose certaine nous savons comment nous coûte la bouette, l’essence et l’équipement que nous avons besoin. Et ces coûts ne diminuent pas, au contraire. »

Bonne saison en vue

Les pêcheurs sont certains que le homard sera au rendez-vous. « Et nous espérons que les baleines ne vont pas s’aventurer dans la zone 25, ajoutent-ils. Il ne manquerait plus que ça. Il y a bien des pêcheurs qui ont été affectés par la fermeture de leurs zones à cause de leur présence. Mais ici tout de suite, il y a assez de touristes et nous n’avons pas de place pour loger les baleines en plus. »

« Nous avons fait des sacrifices pour la conservation de l’espèce et ça porte des fruits. Alors ça devrait être une bonne saison. Nous sommes optimismes cette année et nous espérons bien que les prix ne nous désappointeront pas », concluent-ils.

On compte 382 pêcheurs du Nouveau-Brunswick, 218 de l’Île-du-Prince-Édouard et une trentaine de la Nouvelle-Écosse qui participeront à cette saison de pêche au homard dans le détroit de Northumberland.

Optimisme prudent à l’Union des pêcheurs des Maritimes

« Au niveau des stocks, la ressource est en excellente santé depuis les cinq dernières années », de dire Michel Richard, de l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM). Selon lui, les mesures prises par les pêcheurs pour la conservation portent fruit et il est important que ceux-ci en voient les bénéfices.

« Au niveau des marchés, de poursuivre M. Richard, les transformateurs disent ne pas avoir d’inquiétudes réelles cet automne, mais personne ne veut s’aventurer à parler du prix. Et nous ne le ferons pas non plus. »

Michel Richard espère que le phénomène des baleines dans le golfe ne sera pas ressenti dans la zone 25. « Mais il y a des règlements qui ont été mis en place pour la zone 23 et il faudrait qu’elle soit mise en application ici, si jamais on avait des baleines. »

Il ajoute qu’alors que la saison s’annonce bien du côté des récoltes, il y a une seule inquiétude du côté des transformateurs et c’est l’impact que pourrait représenter la situation des tarifs entre les États-Unis et la Chine. « On ne sait jamais ce qui peut se passer entre ces deux puissances, dit-il, et on a raison de s’inquiéter. »