L’énergie renouvelable, un impératif environnemental et économique

La sénatrice Rosa Galvez. Crédit photo : Photo officielle/www.sencanada.ca
Sénatrice Rosa Galvez

 Chaque année, le gouvernement fédéral verse environ 3,3 milliards de dollars en subventions pour les combustibles fossiles afin de soutenir une industrie qui pourrait coûter des billions de dollars à l’économie mondiale.

Pourtant, le Conference Board du Canada prévoit que la croissance économique de l’Alberta — où se trouve une très grande partie de la production pétrolière du Canada — sera dominée par les secteurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire, du tourisme et de l’énergie renouvelable. Les économies diversifiées sont plus saines.

Il est temps que le gouvernement fédéral élimine les subventions pour les combustibles fossiles et qu’il investisse plutôt dans l’énergie renouvelable. Grâce à l’innovation et au perfectionnement, des technologies qui produisent de l’énergie hydro-électrique, solaire, éolienne et géothermique peuvent créer des emplois verts et répondre à la demande croissante en énergie.

La demande en énergie continue de croître à l’échelle mondiale. Toutefois, la demande en énergie ne rime pas nécessairement avec la demande en pétrole. Les pays sont de plus en plus conscients des répercussions négatives du changement climatique causé par les activités humaines alimentées aux combustibles fossiles. D’ailleurs, le gouvernement fédéral du Canada a été élu grâce à sa promesse de lutter contre le changement climatique.

Protéger l’environnement, c’est aussi protéger l’économie. En effet, les vagues de chaleur, les sécheresses et les inondations causent des pertes de vies humaines et de moyens de subsistance. Ainsi, selon certaines estimations, si on ne réussit pas à empêcher la température mondiale d’augmenter de plus de 1,5 ⁰C, cela pourrait coûter 14 billions de dollars aux économies du monde.

Chez nous, dans un rapport de 2018, le Bureau d’assurance du Canada indique que les soi-disant pertes catastrophiques — les catastrophes qui causent des dommages dont le coût dépasse 25 millions de dollars — sont à la hausse.

Si le Canada souhaite dissocier la demande en énergie de la demande en pétrole, il doit accroître ses investissements dans l’énergie renouvelable. De 2016 à 2017, les investissements canadiens dans ce secteur ont atteint 2,7 milliards de dollars — une augmentation de 72 % —, mais cette augmentation était surtout attribuable à un projet d’énergie éolienne terrestre de 1 milliard de dollars en Ontario. Il est peu probable que le nouveau gouvernement provincial poursuive les investissements de cette nature.

En revanche, les investissements effectués par les pays en développement éclipsent la modeste contribution du Canada. En effet, des économies en développement, notamment la Chine, l’Inde et le Brésil, ont investi 177 milliards de dollars dans l’énergie renouvelable la même année, comparativement aux investissements de 103 milliards de dollars effectués par les pays développés.

Oui, la demande en énergie s’accroît à l’échelle mondiale, mais nous ne sommes pas obligés d’y répondre avec des combustibles fossiles subventionnés. Pour le bien de notre environnement, de notre économie et de notre avenir, nous devrions plutôt investir dans des technologies liées à l’énergie propre et renouvelable.

 La sénatrice Rosa Galvez, Ph. D., ingénieure, représente la circonscription de Bedford, au Québec. Elle est l’une des plus grandes spécialistes du contrôle de la pollution au Canada. Elle est aussi présidente du Comité sénatorial de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles.