Le libre-échange avec la Chine serait gagnant pour le Canada : sénateur Massicotte

Le sénateur Paul J. Massicotte est membre du Comité sénatorial des affaires étrangères et du commerce international. Il représente la division sénatoriale de De Lanaudière au Québec.
Sénateur Paul J. Massicotte

Chaque semaine, par le biais de Francopresse, un sénateur ou une sénatrice présente un texte d’opinion sur un sujet pertinent pour les lecteurs de Francopresse et des journaux membres de l’Association de la presse francophone. Les opinions exprimées dans ces textes n’engagent que leurs auteur(e)s.


Un accord de libre-échange avec la Chine est vital pour la prospérité économique future du Canada.

Nous ne devons pas laisser le goût amer de la récente décision du Canada de bloquer la vente de l’entreprise de construction Aecon à des intérêts chinois entacher nos relations avec la Chine. Le moment est propice.

La Chine est en transition vers une économie davantage basée sur la consommation, et les discussions exploratoires qui ont débuté à l’automne 2016 entre les deux pays sont à un point critique. Nous devons agir maintenant et engager des négociations officielles afin qu’un accord puisse être signé d’ici trois ans.

La Chine est la deuxième puissance économique mondiale et déjà le deuxième partenaire commercial du Canada. Avec son marché de 1,4 milliard de consommateurs, sa classe moyenne en plein essor et son urbanisation rapide, la Chine représente des débouchés considérables pour les entreprises canadiennes.

Un accord de libre-échange avec la Chine pourrait augmenter les exportations canadiennes de 7,7 milliards de dollars et le PIB canadien de 7,8 milliards de dollars d’ici 2030, ce qui contribuerait à créer 25 000 nouveaux emplois.

 

Il permettrait aussi au Canada d’accroître ses exportations dans des secteurs clés toujours extrêmement dépendants du marché américain tels que les industries minières, de l’énergie, agricole, manufacturière et des technologies.

Enfin, un accord de libre-échange avec la Chine serait évidemment avantageux pour les industries et les consommateurs canadiens, qui paieraient des prix moins élevés pour des produits et des services importés.

Et les avantages pour la Chine?

La Chine s’intéresse au Canada pour ses produits agroalimentaires de haute qualité et ses ressources naturelles, notamment son uranium, dont elle a besoin pour son programme de construction de centrales nucléaires.

Elle convoite aussi à nos technologies d’énergie propre et nos services, notamment dans les secteurs du tourisme, du transport, de la finance, des services commerciaux, de l’ingénierie, de l’informatique, de la médecine, de la culture et de l’éducation. Avec sa communauté sino-canadienne de 1,3 million de personnes, le Canada est particulièrement bien placé pour fournir des services aux consommateurs chinois.

S’il ne fait aucun doute qu’il est dans l’intérêt supérieur du Canada de s’engager dans des négociations d’un accord de libre-échange avec la Chine, cela devra se faire avec beaucoup de pragmatisme, de prudence et de lucidité de même que dans un cadre juridique et politique adéquatement élaboré.

Le plus grand défi sera d’établir une véritable réciprocité commerciale avec un pays où la règle de droit n’est pas toujours respectée et le rapport de force est déséquilibré.

De manière collatérale, l’interconnexion accrue entre les deux pays devrait aussi favoriser la participation des Chinois au développement du système de marché, un élément fondamental pour le progrès politique de la Chine.

Les deux pays ont tout à gagner d’un accord de libre-échange équitable.