25e Journées sciences et savoirs. La science en français, ça existe

 

Les anciens présidents de l’ACFAS-Sudbury John Jairo Marin Tamayo (2010-2013), Mery Martinez Garcia (2006-2009), Louis Durand (porte-parole lors du 10e anniversaire en 2003), Luc Rousseau (1998-2000) et Georges Kpazaï (depuis 2016). Photo : Julien Cayouette
Julien Cayouette (Le Voyageur)

L’Association francophone pour le savoir (ACFAS), section Sudbury, a célébré les 25 ans de sa Journée des Sciences et Savoirs en l’allongeant à trois jours de présentations et de conférences. Elle s’est également jumelée au 6e Symposium francophone de l’École de médecine du Nord de l’Ontario.

La présidente de l’ACFAS, Lyne Sauvageau, présente à Sudbury, a qualifié les 25 ans de l’ACFAS-Sudbury «de belle réussite». «C’est certainement la plus dynamique, avec un dynamisme continu.»

L’ACFAS nationale est là pour rappeler aux divers niveaux de gouvernement qu’il est important de financer la recherche en français partout au Canada. Par contre, sa situation est relativement paradoxale : en étant située à Montréal, elle n’est pas reconnue comme représentante des francophones en milieu minoritaire. Pourtant, les sections régionales «n’ont pas d’existence légale» et ont besoin de la maison mère pour progresser.

«C’est ce qui est compliqué d’expliquer au gouvernement que l’on ne veut pas ces sommes-là pour soutenir des actions au Québec, mais pour les sections régionales», rapporte Mme Sauvageau.

Combattre les faits alternatifs

Ce financement, pour l’ACFAS et les chercheurs, revêt une importance particulière dans la société d’aujourd’hui. «La connaissance, la volonté de baser ses jugements et sa compréhension sur des données probantes est le meilleur vaccin contre les faits alternatifs. Plus les chercheurs se donnent comme mission de bien véhiculer leurs résultats, plus on fait un contrepoids aux faits alternatifs.»

Elle ajoute que «les actions que mènent [les médias, dont] votre journal en diffusant des chroniques et en communiquant auprès de la population ce qui se passe, en les mettant en lien avec les chercheurs, c’est comme ça que l’on combat les faits alternatifs».

 

Un outil de promotion du français

La recherche en français revêt une importance particulière en milieu minoritaire et dans une université bilingue selon le président d’ACFAS-Sudbury, Georges Kpazaï. Les Journée des Sciences et Savoirs deviennent une fenêtre idéale pour démontrer aux étudiants qu’il est possible et profitable de faire de la recherche dans cette langue.

  1. Kpazaï, également professeur en activités physiques, impose à ses étudiants francophones de 4e année de présenter leur recherche aux Journées depuis son arrivée en 2007. «Il y a des étudiants qui parlent tout le temps en anglais en classe. Ils ont fait leur présentation de 12 minutes et ils ne sont pas morts! » Il a même droit à des remerciements.

«Au début, ils sont timides et ne voient pas la plus-value. Il faut attribuer des points et leur dire que nous nous battons pour qu’on leur donne des prix», alors que l’inscription est gratuite, rappelle M. Kpazaï.

Il précise que l’on peut aller chercher l’information pour sa recherche dans n’importe quelle langue. L’important, c’est de vulgariser et de communiquer ses résultats en français.

Le recteur par intérim de l’Université Laurentienne, Pierre Zundel souligne également le rôle que joue l’ACFAS au sein de l’université bilingue. «Pour que le français vive, il faut faire des efforts. Et l’ACFAS est l’un des mécanismes par lequel on fait cet effort d’organiser des choses et de rassembler des gens.» La Laurentienne contribue au budget de fonctionnement de l’ACFAS-Sudbury.