Marlène et l’art

Marlène Rheault, enseignante d’art de carrière.
Elsie Suréna (Le Nord)

Marlène Rheault, enseignante d’art de carrière est à la veille de la retraite. La Hearstéenne est la personne tout indiquée avec qui échanger sur le thème, à l’occasion de la Journée mondiale de l’art qui se célèbre le 15 avril.

 

Le Nord : Pourquoi avoir choisi l’art?

Marlène Rheault : Pour m’évader (rires). Ça sert à s’évader, à communiquer; j’avais juste besoin de ça. Quand j’ai commencé, c’était calme, j’avais pas besoin de réfléchir à rien d’autre; c’est la raison.

 

LN : Et vous n’aviez jamais pensé à une profession différente pendant l’adolescence?

MR : (rires) L’archéologie. Certains de mes professeurs de l’école secondaire m’ont influencée. Mon professeur d’anglais nous a montré un poème qu’une peinture illustrait. J’ai été impressionnée par le tableau et j’ai réalisé qu’on pouvait communiquer des messages avec ça, parce que le poème expliquait bien la peinture. C’est l’une des raisons qui fait que j’ai choisi les arts.

 

LN : À quel moment avez-vous décidé d’enseigner cette matière?

MR : Il n’y a pas un moment précis, mais dans la famille on est plusieurs profs. Je suis allée en Arts visuels et j’ai adoré ça. À partir de là, j’avais le choix : je pouvais devenir artiste et déménager dans un grand centre, ou revenir ici et travailler dans l’enseignement. Je me suis décidée pour l’enseignement.

 

LN : Et comment s’est déroulée cette carrière?

MR : (rires) Ça va faire 30 ans en 2019 et j’ai adoré cette carrière!

 

LN : Qu’est-ce que l’art a représenté dans votre vie?

MR : L’art c’est ma vie. Bien-être, calme, recherche intérieure, spiritualité, presque. Parce que je faisais de l’art tous les jours, j’ai considéré que mon métier m’a donné la chance de faire ce que j’aime.

 

LN : Avez-vous pensé à faire aussi une carrière d’artiste?

MR : À un moment donné, mais ça n’a pas vraiment duré. J’ai vraiment décidé d’aller dans l’enseignement parce que j’aime les gens. Autant je peux être introvertie, autant je suis le contraire. Non, j’aime ça, et puis les élèves sont extraordinaires. J’apprends avec eux autres, c’est incroyable. Je suis supposée leur enseigner des choses, autant j’apprends avec eux, c’est tout ce que je peux dire.

 

LN : Avez-vous des projets précis pour la retraite?

MR : Je ne sais pas quand je vais la prendre. J’étais censée le faire en octobre, mais je ne suis pas encore rendue là. Probablement du jardinage, possiblement de la peinture, probablement voyager un peu aussi, oui. Rien de bien précis encore.

 

LN : Il y a une relève dans les arts ici?

MR : La plupart des élèves que j’ai eus qui sont restés dans ce domaine ne sont pas revenus à Hearst. C’est un peu plus limité ici; il y a deux ou trois personnes qui produisent, mais dans l’art commercial plutôt.

 

LN : Que voyez-vous comme avenir pour l’art à Hearst?

MR : J’espère que des gens vont continuer à produire, même s’ils n’ont pas un paquet de gens autour. C’est comme quelqu’un qui écrit et qui va le faire à partir de son besoin de s’exprimer par l’écriture, sans des gens autour pour l’influencer.

 

LN : Donneriez-vous à quelqu’un le conseil de se lancer dans l’art?

MR : Absolument. Je crois sérieusement que si c’est ce que t’aimes, si tu crois en toi-même, ça finira par marcher. C’est la magie de la chose. Il faut encourager les gens à faire ce qu’on aime dans la vie. Si c’est ça qui t’allume, va chercher ce que t’as besoin et fais-le. Moi, j’ai vécu très bien avec ça. Maintenant, la technologie donne plusieurs outils dans ce domaine et si t’es intéressé, il n’y a pas de barrière.