La presse écrite – Quel avenir?

Louis V. Patry (L’Orléanais)

 Les opinions exprimées dans les lettres d’opinion publiées sur Francopresse n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position de Francopresse.


 

Quel chambardement dans le monde médiatique depuis quelques années, en particulier dans le domaine de la presse écrite!

Plusieurs journaux disparaissent, quelques-uns apparaissent. Certains organismes se plaignent du manque d’appui de la part de nos institutions gouvernementales. D’autres demandent aux politiciens de résoudre le problème de financement. Des énoncés et des rapports produits par des instances gouvernementales laissent entrevoir la possibilité de changements à l’horizon, mais des mesures concrètes tardent à aboutir.

Qui sont les victimes dans tout ceci? Est-ce la démocratie? Est-ce la francophonie en situation minoritaire? Est-ce la culture en général?

Entre 2009 et 2015, à l’échelle canadienne, 27 quotidiens et 275 hebdomadaires ont fermé leurs portes. En 2015, c’était la version papier de L’Express. En 2017, Fred Sherwin a sauvé l’Orléans Star en l’achetant et en y joignant un nouveau journal mensuel communautaire francophone, L’Orléanais.

Malgré la popularité de ces deux journaux, l’avenir demeure incertain considérant l’environnement médiatique actuel et l’insuffisance d’annonces publicitaires.

Le 30 décembre 2017, le quotidien La Presse, fondé en 1884, a publié sa dernière édition papier.

Le 11 janvier 2018, l’hebdomadaire Orléans News a cessé d’exister, un parmi huit qui publiaient leur dernière édition. Le Metro Ottawa avait déjà cessé d’être publié le 27 novembre 2017, lorsque Postmedia déclarait l’industrie comme étant « a deeply disrupted industry ».

Le Commissaire aux langues officielles et l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) ont exprimé leurs préoccupations face à la situation précaire dans laquelle se retrouve l’industrie des médias franco-ontariens. Le livre blanc de l’AFO Les médias francophones en Ontario, publié en septembre 2017, comprenait 27 recommandations, réitérées récemment par son président, Carol Jolin, devant le Comité permanent aux langues officielles.

L’Association de la presse francophone (APF) a aussi exprimé ses inquiétudes en demandant que ses journaux membres publient une lettre ouverte à la ministre du Patrimoine canadien et à la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement. L’Orléanais a publié cette lettre dans son édition du 1er février.

Le 14 février, la Fédération nationale des communications a présenté une lettre au gouvernement fédéral réclamant un soutien urgent pour la presse écrite.

La seule note d’optimisme récente concerne la presse écrite anglophone pour des secteurs à l’ouest et au sud d’Ottawa où les résidents ont commencé à recevoir un nouveau bimensuel communautaire intitulé le Community Voice. Pour les francophones de ces secteurs, la question est : « Auront-ils aussi un journal communautaire francophone? » et, pour nous : « Est-ce que L’Orléanais aura une longue vie? » Dans les deux cas, on le souhaite!