Un livre pour souligner le 50e anniversaire de la présence francophone à l’Université de Regina

Marie Galophe (L’Eau vive)

 

SASKATCHEWAN – En septembre 1968, le Centre d’études bilingues de Regina voyait le jour au cœur de l’Université de Regina. Cinquante ans plus tard, la Cité universitaire francophone et le programme du baccalauréat en éducation française témoignent de la francophonie à l’université. Pour souligner ce jalon, les docteurs Michael Poplyansky et Abdoulaye Yoh ont fait équipe et publient Contre toute attente, un ouvrage atypique qui retrace l’histoire de l’établissement.

Ce court texte de 103 pages, publié aux Éditions de la Francophonie, offre une combinaison impertinente de points de vue. C’est à Michael Poplyansky, historien de formation, que l’on doit l’idée de rédiger cet ouvrage pour célébrer ce 50e anniversaire. Pour ce faire, il s’est adressé à Abdoulaye Yoh, fin connaisseur des archives de l’endroit, mais surtout spécialiste du changement organisationnel. De cette collaboration émerge un regard interdisciplinaire stimulant dans le cadre d’un exercice qui aurait pu être assez conventionnel.

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C’est le livre que l’on attendait puisqu’il n’y en a point d’autre sur les 50 ans de présence francophone. Comme le remarque Abdoulaye Yoh, « c’est important pour une communauté de raconter sa propre histoire. Je cite souvent un proverbe africain : tant que l’histoire de la chasse sera écrite par le chasseur, cela va glorifier le chasseur plutôt que le lion. C’est important que les minorités puissent raconter leur histoire. » Encore faut-il que la prose du lion nous donne envie de le lire.

Pari gagné pourtant puisque les deux auteurs livrent un texte impeccable en termes historiques, dans un format et une langue accessibles à tous, que ce soit pour un élève de 11e année ou un érudit. En ce sens, Michael Poplyansky et Abdoulaye Yoh sont catégoriques : le livre a été rédigé pour la communauté, même s’il soulève des pistes de recherche en histoire, en éducation, ou encore en sociologie. C’est donc à elle de se l’approprier et de trouver en ses pages une source d’inspiration pour demain.

Le livre a tout à nous apprendre sur la résilience d’un groupe en situation minoritaire, dans cette tension unique entre le leadership interne à un établissement et celui, externe, d’une communauté qui se serre les coudes pour faire corps et ce faisant, se réalise comme communauté. Faut-il ajouter quelque chose sur l’actualité de ces questions ?

Le livre tombe à point donc : cadeau généreux de deux professeurs conscients de l’importance de la communauté francophone de la Saskatchewan, dans la survivance miraculeuse de cette institution d’enseignement postsecondaire francophone en milieu minoritaire, et outil efficace pour réfléchir sur ce que l’on attend de la Cité universitaire francophone aujourd’hui. Voilà qui promet des discussions intéressantes !

Le lancement du livre a lieu à la Cité universitaire francophone le 15 mars 2018 en présence des auteurs.