Boileau veut changer les perceptions

PHOTO MARTIN ROY LE DROIT Le commissaire aux services en français, François Boileau, estime qu’offrir un service en français est souvent perçu comme étant une obligation pour respecter la loi. – Archives Le Droit
Julien Coderre (Le Droit)

 

« Offrir des services en français, c’est souvent vu comme étant une obligation pour respecter la Loi sur les services en français ». Voici le paradigme que tente de changer le Commissariat aux services en français de l’Ontario.

Dans sa nouvelle étude intitulée Désignation : [re] vitaliser les services en français, le commissaire François Boileau fait part de plusieurs lacunes dans le processus de désignation actuel qui affectent son attractivité, mais aussi l’offre de services dans la langue de Molière en Ontario.

La désignation, c’est le « processus par lequel le lieutenant-gouverneur en conseil désigne un organisme pour offrir des services en français. […] Il s’agit une reconnaissance officielle par la province de la compétence d’un organisme à offrir des services en français », peut-on lire dans l’étude.

« On perd de vue que l’important derrière la désignation et le fait d’offrir des services en français, c’est d’assurer des services de qualité à la population », souligne le commissaire en entrevue avec Le Droit.

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Le manque de transparence, de clarté et de convivialité au sein du processus de désignation est notamment reflété à travers les six recommandations de François Boileau. Ces recommandations visent essentiellement à augmenter le nombre d’organismes désignés en Ontario et à améliorer l’offre de services en français dans plusieurs domaines, notamment dans le secteur de la santé, de l’éducation, des services sociaux et communautaires ainsi que des services à l’enfance et à la jeunesse.

 

Le manque de valorisation

L’absence de la valorisation de la désignation dans de nombreux établissements est le premier enjeu qui fut identifié par les intervenants qui ont participé à l’étude. Le rapport révèle que « peu de fournisseurs de services sont sensibilisés par leurs ministères respectifs aux bénéfices » de la demande de désignation.

« En ce moment, un organisme peut être désigné, puis l’apprendre en faisant une recherche sur Google par hasard parce que ç’a été octroyé administrativement et d’une façon presque technocratique », déplore M. Boileau.

« Je parle de changement de paradigme pour qu’on puisse voir la désignation comme étant

une plus belle vie pour l’organisation, que ce soit valorisé, et que l’organisation comprenne que ce n’est pas une obligation pour respecter une loi, mais davantage la bonne chose à faire pour mieux desservir sa clientèle », ajoute-t-il.

 

Des critères à revoir

Avec cinq critères et 34 exigences à satisfaire, les organismes désignés — de façon totale ou partielle — ont de la difficulté à s’acquitter de leur tâche.

Alors que leur taux de conformité aux critères de désignation devrait être de 100 %, la moyenne du taux des organismes désignés se loge présentement à 62 %.

Dans son étude, le commissaire Boileau invite d’ailleurs la ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Marie-France Lalonde, à entamer une « révision complète des critères et exigences d’une désignation », afin de rendre ces critères applicables dans toutes les régions de l’Ontario et ainsi augmenter l’offre des services en français.