Une ” bonne rencontre ” de l’AFO avec Doug Ford

François Bergeron (L’Express)

Doug Ford, le nouveau chef du Parti progressiste conservateur de l’Ontario, approuve le projet d’université francophone à Toronto, la refonte de la Loi sur les services en français et le développement des services en français en général: les trois promesses intéressant directement les Franco-Ontariens qui figurent au programme adopté par le parti avant la chute du chef Patrick Brown.

C’est ce que retient Carol Jolin, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), de la rencontre téléphonique que lui et son équipe ont eu avec le candidat Doug Ford pendant la courte campagne à la direction de l’opposition officielle à Queen’s Park.

  1. Jolin rapporte à L’Express que cette rencontre a été organisée « rapidement et facilement », et que M. Ford s’est également engagé à réactiver le poste de liaison du bureau du chef avec la communauté francophone (Roxane Villeneuve) aboli temporairement, comme d’autres postes du genre, pendant l’intérim de Vic Fideli.

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Mince victoire

« Nous avons hâte de continuer le travail déjà entrepris avec ce parti sur les enjeux chers à la francophonie ontarienne », a déclaré M. Jolin suite à l’élection samedi (confirmée dimanche) de l’ex-conseiller municipal d’Etobicoke Nord et frère de l’ancien maire de Toronto Rob Ford.

L’exécutif du Parti PC (24 personnes, aucun nom canadien-français) a annoncé dimanche midi que Doug Ford avait remporté une victoire très serrée contre Christine Elliott, en vertu d’un système de pointage par circonscription, même si l’ex-députée de Pickering et veuve de l’ancien ministre fédéral des Finances Jim Flaherty devançait légèrement, en suffrages exprimés, le représentant de la mythique «Ford Nation». Mme Elliott a concédé la défaite, sa troisième à la chefferie du parti, en fin d’après-midi dimanche.

Au premier tour de scrutin, Christine Elliott a obtenu 4187 votes contre 4091 pour Doug Ford, 2017 pour Caroline Mulroney, la fille de l’ex-premier ministre canadien Brian Mulroney, qui reste candidate dans Simcoe-Nord en vue de l’élection du 7 juin, et 1882 pour Tanya Granic Allen, militante contre le nouveau curriculum scolaire sur l’éducation sexuelle. Les voix de cette dernière se sont reportées surtout sur Ford au 2e tour, et celles de Mulroney sur Elliott au dernier tour.

Une victoire de Mme Elliott, qui avait l’appui de plusieurs élus du parti à Queen’s Park, aurait représenté une certaine continuité par rapport à l’approche rassembleuse développée sous Patrick Brown. L’élection du « populiste » Doug Ford, qui n’avait l’appui que de deux députés et qui a vertement critiqué l’establishment du parti favorisé par les sondages, serait plus risquée.

 

Francophonie incontournable?

« Doug Ford a une réputation », admet Carol Jolin, « mais il s’est montré ouvert à nos priorités. »

Le président de l’AFO a cru comprendre que le nouveau chef conservateur examine beaucoup d’enjeux « à travers le prisme de l’économie ».

Justement, révèle-t-il, le Conference Board du Canada s’apprête à publier les résultats d’une étude sur l’apport du bilinguisme à l’économie de l’Ontario, qui seraient très positifs. « Et ce n’est pas seulement le bilan, mais aussi le potentiel économique de la francophonie en Ontario que nous pouvons faire valoir. »

Le lobby politique des Franco-Ontariens se réjouit, par ailleurs, que ses priorités semblent prises au sérieux par les trois grands partis, et qu’on découvre « de plus en plus d’élus francophones ou francophiles à Queen’s Park, qui suivent des cours de français, qui envoient leurs enfants en immersion française », etc.

« La francophonie ontarienne est devenue incontournable pour le gouvernement et pour les partis politiques », estime M. Jolin, même s’il reconnaît qu’« il y a encore beaucoup d’éducation à faire », particulièrement auprès des membres et des électeurs du parti de Doug Ford.

C’est ce qu’on pourra sans doute apprécier au cours des trois prochains mois de la campagne électorale qui suivra cet hiver unique dans les annales politiques de la province.