Le Courrier de la Nouvelle-Écosse pour encore combien de temps?

Francis Robichaud (Le Courrier)

Depuis 80 ans, Le Petit Courrier et son successeur, Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, ont rapporté les nouvelles du Sud-Ouest de la Nouvelle-Écosse, puis de toute la province. En fait, cela tient bien plus de l’héroïsme que du mérite, car de nombreuses personnes, souvent pas assez payées ou travaillant bénévolement, ont su donner un aperçu de la vie acadienne et francophone en Nouvelle-Écosse.

Les temps ont beaucoup changé au cours des 80 dernières années. Le Courrier de la Nouvelle-Écosse continue d’exister grâce à une équipe de deux personnes dans le bureau et à la collaboration et aux services de sous-traitants, dont une correctrice, un traducteur et une poignée de pigistes qui doivent souvent attendre plusieurs mois avant de recevoir une somme minime pour leurs efforts et leur temps, car il nous manque trop souvent de fonds pour rémunérer leur dévouement et leur travail acharné. Même avec les divers projets réalisés chaque année par l’Imprimerie Lescarbot (guides touristiques, produits de marketing, cahiers spéciaux, entre autres), la situation financière demeure très précaire. Quand on parle de la crise des médias communautaires en milieu minoritaire, on vit cela de jour en jour et ce n’est plus une question d’attendre pour voir quand on devra affronter cette crise.

Nous opérons d’une semaine à l’autre avec pratiquement aucun solde en banque. Les organismes provinciaux qui œuvrent à l’avancement des Acadiens et des Acadiennes dans cette province ne pensent pas souvent à acheter des annonces dans notre journal, ou plutôt dans votre journal. De plus, ils ne pensent que rarement à nous faire parvenir des nouvelles de leurs projets en cours, de leurs activités et de tout le dévouement qu’ils mettent pour que le fait français soit reconnu et valorisé dans cette province. Cela est bien dommage, car leurs efforts ne sont pas reconnus à leur juste valeur et, en plus, la population en général a souvent l’impression que le fait français n’avance pas en Nouvelle-Écosse. L’accès à ces informations et leur publication est une manière de préserver notre histoire et aussi de la documenter dans les archives.

Nous remercions les organismes provinciaux et régionaux qui nous appuient, car cela nous est très précieux en ces temps difficiles pour l’équipe qui prépare le journal chaque semaine. Avec le manque d’annonces nationales et fédérales pour les médias communautaires, et ce, depuis plusieurs années, la marge financière pour opérer notre cher journal devient de plus en plus mince.

Enfin on annonce dans les mois à venir un nouveau site Web pour le Courrier. Grâce à du financement de Patrimoine canadien, l’Association de la presse francophone coordonnera les étapes à venir afin que les journaux membres aient enfin un site Web à la hauteur des attentes de nos lecteurs et partenaires. Nous avons très hâte de voir ce projet se matérialiser, afin de permettre aux lecteurs de se brancher en ligne pour y faire la lecture des articles, aux personnes intéressées de s’abonner en ligne, aux entreprises et aux organismes d’acheter des annonces en ligne et enfin on pourra commencer à épargner sur les deux plus grandes dépenses associées à la réalisation, la publication et la livraison du journal : les coûts d’imprimerie et de livraison par la poste de notre hebdomadaire.

Alors aujourd’hui, je vous pose la question très sérieuse de la survie du Courrier de la Nouvelle-Écosse. Pensez-vous qu’il y a un avenir pour ce journal? Sinon, comment pourrons-nous donner un visage collectif et cohérent de la vie acadienne et francophone dans cette province?

Je vous invite à nous écrire et à nous faire part de vos commentaires et suggestions pour la survie du Courrier de la Nouvelle-Écosse. Nous attendons de vos nouvelles.