Comité des langues officielles en tournée « Un cri d’alarme dans les garderies de l’Ouest »

Jean-Pierre Dubé (Francopresse)
Des intervenants de Vancouver ont rencontré les membres du Comité permanent des langues officielles des Communes (debout) : Sylvie Boucher, Bernard Généreux, François Choquette, René Arseneault, Denis Paradis, Darrell Samson et Daniel Vandal.

Alors que Patrimoine canadien annonçait dans son Plan d’action 2018-2023 un appui à la petite enfance et aux services de garde, le Comité permanent des langues officielles menait une tournée pour s’informer de l’accès à ces programmes en français dans l’Ouest canadien. Un rapport déposé en fin 2016 au Parlement a poussé le Comité à explorer ce secteur jugé essentiel pour la vitalité des communautés.

Sept députés ont participé à ce voyage de cinq jours se terminant le 2 mars. Séjournant dans les villes de Whitehorse, Vancouver, Edmonton et Winnipeg, ils ont rencontré des enseignants, des éducatrices et des familles.

C’est la première fois que le Comité se penche sur cette question sous la présidence de Denis Paradis. « La petite enfance, c’est la façon de garder nos communautés vivantes, estime le député de Brome-Missisquoi (Québec). C’est très important de savoir ce qui se passe au pays aujourd’hui. Et les communautés étaient super contentes de nous rencontrer sur le terrain. »

Les députés libéraux, conservateurs et néo-démocrates ont rencontré une douzaine de groupes et d’intervenants dans chacune des villes. Ils ont également visité des services de garde, souligne le président.

 

« Ça n’a pas d’allure ce qui se passe »

« C’est un cri d’alarme dans les garderies. Les gens disent qu’ils manquent de places, qu’il y a des listes d’attente, que les parents se tannent et inscrivent leurs enfants dans des services anglophones. Il y a aussi des problèmes de locaux et de transport : comme on l’a dit à Winnipeg, il faut parfois conduire jusqu’à l’autre bout de la ville. »

Le Comité entend déposer son rapport avant l’ajournement de juin aux Communes. « Ça n’a pas d’allure ce qui se passe, signale Denis Paradis, autant en Colombie-Britannique, qu’en Alberta ou au Manitoba. À un moment donné, est-ce qu’on peut attirer l’attention du Parlement? J’ai l’idée qu’on cogne très fort sur la table. »

Selon lui, le nouveau Plan d’action pour les langues officielles constitue déjà une réponse puisqu’il comprend une aide au secteur préscolaire. Cet appui sera détaillé par le ministère du Patrimoine au cours des prochaines semaines.

Porteuse nationale du dossier de la petite enfance, la Commission nationale des parents francophones s’est montrée encouragée par l’engagement fédéral à financer la création de 40 000 nouvelles places en garderie à l’échelle nationale.

Dans un communiqué du 28 février, la Commission cite le budget fédéral qui prévoit « 100 millions pour l’innovation en matière d’éducation préscolaire et de garde des jeunes enfants suivie de 95 millions pour combler les lacunes afin de mieux comprendre ce à quoi ressemble la garde des jeunes enfants au Canada ».