Engagement dans la francophonie canadienne : Sue Duguay et Soukaina Boutiyeb, actrices de changement

 

Sue Duguay, présidente de Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick. Photo : Courtoisie.
Amina Hufane (Francopresse)

Sue Duguay, présidente de la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB) et Soukaina Boutiyeb, directrice générale de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC), partagent la même passion pour la francophonie canadienne. Elles avouent que c’est leur amour pour la langue française, la jeunesse, les droits des francophones en situation minoritaire et les droits des femmes francophones, qui les motive à s’impliquer chaque jour dans leur communauté.

Celle qui a été directrice du Réseau du patrimoine franco-ontarien (RPFO) précise que son implication est née d’un besoin urgent d’aider sa communauté franco-ontarienne d’Ottawa. « Durant mes études à l’Université d’Ottawa, j’avais une conscience sociale des besoins de ma communauté. Je trouvais que les francophones étaient deux fois plus discriminés, surtout les femmes. C’est pourquoi je me suis impliquée dans des organismes qui ont pour but de diminuer la discrimination et la violence systémique que les femmes vivent en société. »

Pour sa part, Sue Duguay baigne dans le réseau jeunesse depuis 5 ans. Son engagement n’était pas planifié, c’est son entourage qui lui en a proposé. « Au début, je ne savais pas dans quoi je m’embarquais, mais j’avais beaucoup d’intérêts pour la langue française et la jeunesse ». Elle ajoute qu’au fil des années et avec l’expérience acquise, elle a développé d’autres intérêts pour les droits des femmes, les Premières Nations et la culture.

Étant également vice-présidente de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), Sue Duguay affirme qu’en étant au cœur de la jeunesse francophone néo-brunswickoise et canadienne, son travail est de faire reconnaître les droits de sa communauté. « Je travaille pour ma communauté par intérêt et quand on travaille pour une communauté, il faut que celle-ci confirme que ce que nous faisons est bien. Quand je me couche le soir, je sais que j’ai fait quelque chose de bien pour ma communauté », déclare-t-elle. »

 

Soukaina Boutiyeb, directrice générale de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne. Photo : Courtoisie
Un engagement social, pas politique

Malgré leur présence sur la scène politique canadienne-française, les deux jeunes femmes estiment qu’elles ne font pas de la politique. Elles s’impliquent dans la francophonie parce que cela leur tient à cœur.

La directrice générale de l’AFFC admet qu’elle ne compte pas ses heures d’implication communautaire. « Mon implication ne date pas d’hier, cela fait 10 ans que je me suis engagée à travailler dans ma communauté. Ce n’est pas trente heures de travail par semaine, c’est bien au-delà. Je ne me suis jamais posé la question pourquoi je m’implique autant, c’est naturel chez moi. »

En étant des jeunes femmes engagées et en militant pour les droits des femmes, Sue Duguay et Soukaina Boutiyeb souhaitent qu’il y ait davantage de femmes sur la scène politique. Et pour cela, la vice-présidente de la FJCF les encourage à se trouver des passions, à être intéressées par les enjeux qui touchent leur communauté, à être authentiques, et à vouloir apporter des changements dans la société.

 

Prendre la parole

Néanmoins, la présidente de l’AFFC rappelle que le cheminement des femmes engagées dans leur communauté est souvent parsemé d’obstacles. « Lorsqu’on se fait critiquer, qu’on vit du sexisme, de la discrimination systémique, cela nous pousse à travailler dix fois plus fort. Et c’est le fait que les femmes doivent travailler dix fois plus fort qu’elles arrivent à se trouver une place dans la société. »

En fin de compte, dans leur engagement sur la scène politique, la directrice de l’AFFC et la présidente de FJFNB s’assurent de sensibiliser les politiciens sur la réalité des francophones en situation minoritaire : elles veulent que la voix de leur communauté soit entendue. Et c’est en étant des jeunes femmes engagées, qu’elles veulent aussi encourager d’autres femmes à s’impliquer pour faire valoir les droits des femmes francophones.

 


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