Taux de chômage record : Pas de pouding chômeur au menu !

Gilles Grenier, crédit photo à l’Université d’Ottawa
André Magny (Francopresse)

Certes l’économie n’est pas une science exacte. Mais au moment où le chômage est à un niveau impressionnant vers le bas, il est tentant de regarder avec un expert les conséquences de celui-ci sur certains points de l’économie canadienne.

Gilles Grenier, professeur titulaire à la Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa et spécialiste du marché du travail, sera un de nos s.

Avec un taux se situant à 5,7 % en décembre dernier, on n’avait pas vu le chômage aussi bas depuis plus de 40 ans. Alors, Monsieur le professeur, à quoi est attribuée cette performance ? « Il y a plus de gens qui prennent leur retraite et moins de jeunes pour les remplacer. Ça explique, je pense, pourquoi le taux de chômage est bas. Il y a aussi une conjoncture économique. En 2008-2009, nous étions en récession économique. L’économie est présentement en expansion… mais si on est fataliste, on dira que ça peut changer ! »

 

Guy Caron, crédit photo NPD.
Alors que du bon ?

Est-ce un hasard si cette situation de l’emploi correspond au même moment au désir pour certains gouvernements de hausser le salaire minimum jusqu’à 15 $ ? « Effectivement, peut-être que certains peuvent se dire que, finalement, ce n’est pas si grave, que c’est peut-être l’occasion… » Les employeurs étant plus enclins à faire cette concession en raison de la rareté d’employés.

Pour Guy Caron, seul candidat francophone lors de la récente course à la direction du NPD fédéral, cette augmentation du salaire minimum favorise indirectement l’emploi, car, selon lui, « ce que les gens ne voient pas », c’est que la hausse permet aux bas salariés « de dépenser dans des entreprises locales. » Pour le député économiste, dire que la hausse du salaire minimum favorise le chômage est une aberration.

Mais est-ce que les banques vont profiter de la situation pour hausser les taux d’intérêt ? Pour Gilles Grenier, c’est possible, parce que les banques peuvent se dire que les gens ont plus d’argent parce qu’ils travaillent, mais, en général, en macroéconomie, quand l’inflation est basse comme en ce moment, les taux d’intérêt sont bas.

Alors, tout est beau fixe ? « Attention, un économiste n’a pas de boule de cristal ! Mais, par contre, si on met la clef dans l’ALENA, il pourrait y avoir, selon le secteur d’activités — le bois d’œuvre est un exemple — des pertes d’emplois. En général, les économistes croient que les avantages sont plus nombreux quand il y a des échanges entre les pays plutôt que de faire affaire à une politique protectionniste. »

 

 

 


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