L’Albertaine Claudette Tardif quitte le Sénat « pour mes proches et ma santé »

La présidente du Comité permanent des langues officielles du Sénat, Claudette Tardif, a été admise en 2016 dans l’Ordre national de la Légion d’honneur. Elle était accompagnée à l’Ambassade de France par le président du Sénat, George Furey. (Photo : Sénat du Canada)
Jean-Pierre Dubé (Francopresse)

La décision de partir a été difficile pour Claudette Tardif, quatre ans avant la retraite obligatoire. « Ça représente 13 ans de ma vie, ça met aussi fin à 50 ans de vie professionnelle. J’ai adoré mon temps ici et je suis très reconnaissante de l’honneur qui m’a été donné. Mais beaucoup de sacrifices ont été faits par mes proches durant ces années. C’est le temps de me dévouer davantage à ma famille. »

Claudette Tardif quitte la Chambre haute le 2 février aussi pour sa santé, marquée par le rythme effréné des sessions parlementaires. « En plus de travail en Chambre, il y a les rencontres diplomatiques et les réunions, parce que chacun siège sur deux ou trois comités. »

Surtout pour les membres qui ont des responsabilités, comme elle à la présidence du Comité des langues officielles, les réunions commencent parfois à 7 h 30 du matin et se terminent en soirée. Les travaux des comités, la préparation des débats, l’étude des projets de loi et des témoignages reçus seraient très exigeants sur le plan intellectuel.

Sans négliger les voyages à Ottawa. « C’est dur physiquement. Mon conjoint est toujours venu me conduire et me chercher à l’aéroport. À Edmonton, je pense que Denis est venu me chercher au moins 800 fois ! »

 

« Denis est venu me chercher au moins 800 fois »

L’ex-doyenne du Campus Saint-Jean a été nommée par Paul Martin en 2005. « Comme bien des Canadiens, je ne savais pas trop ce que faisait le Sénat. J’étais heureuse dans mon rôle académique. Mais quand le premier ministre nous demande de servir le pays, c’est difficile de refuser. »

Le Sénat lui a permis, dit-elle, de continuer le travail qu’elle avait commencé dans sa carrière sur l’éducation en français, les droits linguistiques et le bilinguisme. Et elle va continuer à fournir son expertise jusqu’en 2019, à l’invitation du président du Conseil du Trésor. Le départ pour Edmonton le 2 février n’est donc pas à sens unique.

« Le ministre Scott Brison m’a demandé de rester comme membre du groupe d’expert pour la révision qui devrait se faire, d’ici un an et demi, du règlement de la Partie IV (de la Loi sur les langues officielles) sur les communications et le service au public. »

 

Un rôle d’experte au Parlement jusqu’en 2019

Claudette Tardif part avec la satisfaction du devoir accompli. Elle demeure persuadée aussi que la réforme de l’institution progresse. « Le Sénat a vécu des moments difficiles dans le passé. Des changements ont été apportés pour le rendre plus indépendant et pour freiner les excès de pouvoir qui peuvent se produire. »

Dans son ultime discours au Sénat, elle a déclaré : « Je suis convaincue que la force et la vigueur de notre démocratie ont de profondes racines ici, dans cette ancienne chambre de réflexion. »

L’Albertaine demeure préoccupée par la représentation des francophones du milieu minoritaire à la Chambre haute, où 11 postes restent à pourvoir, dont quatre en Ontario et deux en Nouvelle-Écosse. Elle signale qu’il serait de mise que des francophones soient rapidement nommés dans ces juridictions, ainsi qu’éventuellement dans toutes les provinces et territoires.

Depuis son élection en 2015, le gouvernement Trudeau a pourvu la moitié des postes laissés vacants par l’administration Harper. Le processus de nomination a été modifié pour permettre à tous les Canadiens de postuler.