Croissance et emploi : L’économie canadienne « carbure sur tous les cylindres »

L’économiste Richard Saillant : « On est en fin de cycle, mais il est difficile de savoir où on est. »
Jean-Pierre Dubé (Francopresse)

L’année 2017 se termine avec une économie qui baigne, mais pas dans l’huile. Le taux de chômage a continué à baisser pour s’établir à 5,7 %, un record depuis 1976, selon Statistique Canada. La croissance de l’emploi s’est poursuivie en décembre avec vigueur surtout au Québec et en Alberta, avec des hausses respectives de 27 000 et de 26 000 postes sur un total de 79 000 au pays.

« L’Alberta semble finalement avoir retrouvé son équilibre après le choc de 2008, souligne l’économiste et auteur Richard Saillant du Nouveau-Brunswick. On a une économie au Canada qui s’est remise de la crise du pétrole et qui carbure pas mal sur tous les cylindres. »

 

Croissance de l’emploi

Au cours de l’année passée, il s’est créé au Canada pas moins de 337 000 emplois, même si seulement 220 000 personnes sont entrées dans le marché du travail. Normalement, à long terme, explique l’économiste de Moncton, la croissance de l’emploi est limitée par la main d’œuvre.

« On a fait du rattrapage. Quand une économie retrouve du slack après un ralentissement et se remet à croitre de manière robuste, ça génère des emplois. Ça peut durer jusqu’à un certain point, mais comment loin peut-on aller après le plein emploi ? »

La demande est forte dans les provinces qui ont bénéficié de la baisse du taux de change et du prix de pétrole. Alors que le taux de chômage en décembre est resté le plus élevé dans les quatre provinces de l’Atlantique, avec Terre-Neuve et Labrador en tête avec 14,8 %, la Colombie-Britannique, le Québec et l’Ontario ont enregistré les taux les plus bas, respectivement 4,6, 4,9 et 5,5 %.

 

Fin de cycle

Selon Richard Saillant, la fin d’un cycle de croissance s’annonce. « Quand on voit que l’économie fonctionne à plein régime et que les salaires ont augmenté comme dans la dernière moitié de l’année, c’est le signe d’une économie qui commence à se réchauffer et d’un marché du travail qui se resserre. On se rapproche du sweet spot où tout va bien, pour l’instant. »

La plupart des économistes, dit-il, attendent une hausse des taux d’intérêt dans les mois à venir pour éviter la surchauffe. « La nature du choc qu’on a vécu en 2008 était une crise du crédit. L’économie peut croitre pendant des années, mais le cycle commence à se faire long. »

Les Canadiens peuvent néanmoins s’attendre en 2018 à une continuité des tendances positives actuelles à l’échelle mondiale, selon l’économiste. « L’économie canadienne est parmi les meilleures dans le monde développé. »