Langues de travail au Canada : Recul du français à l’extérieur du Québec

Pierre Lemelin (Le Voyageur)

Le nombre de travailleurs disant utiliser « surtout » le français au travail a chuté de 0,2 % dans l’ensemble des provinces autres que le Québec de 2006 à 2016, passant de 1,0 à 0,8 %. Il a également diminué de 0,3 % parmi ceux affirmant l’utiliser « régulièrement » pendant cette même période, tandis qu’il est resté inchangé à 0,6 % parmi ceux utilisant « uniquement » la langue de Molière au travail. C’est ce que révèlent les dernières données du Recensement de 2016 publiées par Statistique Canada le 29 novembre.

L’anglais reste la langue de prédilection de la très vaste majorité des travailleurs hors Québec alors que 98,6 % d’entre eux affirmaient utiliser cette langue « sur une base régulière » en 2016, une proportion assez stable depuis 2001. Plus de 90 % d’entre eux disaient n’utiliser que cette langue dans leur milieu de travail. Plus de 99,2 % des Canadiens ayant occupé un emploi entre le 1er janvier 2015 et le 7 mai 2016 ont déclaré utiliser le français ou l’anglais au travail au moins sur une base régulière.

Malgré une croissance d’un peu plus de 277 000 personnes, la part des travailleurs faisant un usage régulier du français au travail a connu une diminution d’un océan à l’autre, passant de 25,7 % en 2006 à 25,0 % 10 ans plus tard. Dans son rapport, l’organisme fédéral de statistiques souligne que « le portrait de l’utilisation des langues au travail est plutôt stable dans l’ensemble du pays ».

Dans le Grand Sudbury

Statistique Canada affirme que le français et l’anglais « cohabitent étroitement » dans la région métropolitaine de recensement (RMR) du Grand Sudbury, où l’on note une hausse de l’utilisation globale de l’anglais (98,0 % en 2016 contre 97,3 % en 2016) et une baisse relativement marquée de l’utilisation globale du français (25,4 % en 2016 contre 28,2 % en 2006). Les mêmes tendances peuvent être remarquées dans les RMR de Moncton et d’Ottawa-Gatineau, où plusieurs groupes linguistiques se côtoient, tout comme c’est le cas dans la capitale du nickel.

Même dans la RMR de Montréal, le nombre de travailleurs utilisant « uniquement » ou « surtout » le français au travail est en chute, ayant passé de 72,2 % en 2006 à 69,6 % en 2016. Dans un contexte de diversité linguistique, l’utilisation prédominante de l’anglais a également quelque peu fléchi dans cette région, se chiffrant à 17,9 % en 2016 comparativement à 19,1 % une décennie plus tôt.

Même si les langues tierces (autres que le français et l’anglais) sont en hausse comme langue d’usage ou langue parlée à la maison, elles restent relativement peu utilisées en milieu de travail. Toujours selon Statistique Canada, 4,9 % des travailleurs utilisaient l’une de ces langues au travail. À ce chapitre, l’Ontario surpasse la moyenne nationale avec 5,6 %. Dans la RMR de Toronto, ce chiffre atteint 33,5 %. Dans la région métropolitaine, environ 147 000 personnes disaient utiliser le mandarin au travail, 127 000 le cantonais, 97 500 le pendjabi et 96 000 l’espagnol l’année dernière. Ce chiffre est de 9,9 % dans la région montréalaise.

La proportion de personnes utilisant plus d’une langue dans leur milieu de travail est passée à 15,4 % l’année dernière comparativement à 14,9 % en 2006.