La déstructuration en cours du Bureau de l’éducation française

Ian Wishart
Daniel Bahuaud (La liberté)

Les Partenaires pour l’éducation en français rencontreront prochainement (1) le ministre manitobain de l’Éducation et de la Formation, Ian Wishart, afin de faire valoir l’importance du Bureau de l’éducation française (BEF). Ian Wishart, à ce stade, met l’accent sur la politique d’austérité fiscale du gouvernement manitobain Pallister, tout en se disant « ouvert à consulter la communauté francophone ».

Une coalition, les Partenaires pour l’éducation en français, s’est formée pour demander la restauration du poste de sous-ministre adjoint du BEF. Ses membres et d’autres parties prenantes vous ont écrit une lettre le 3 novembre (voir l’encadré Les Partenaires en détail). Ils ont même tenu une conférence de presse le 13 novembre dernier. C’est du jamais vu…

Ian Wishart : Oui. Franchement, cette conférence nous a surpris. Le personnel du Ministère a tenté de communiquer avec ces organismes. Je soupçonne que ces efforts étaient moins que parfaits. Je n’ai pas honte de m’en excuser. Cela dit, nous leur tendons la main maintenant.

Est-ce que l’élimination du poste du sous-ministre adjoint du BEF est un fait accompli, ou êtes-vous ouvert à en discuter davantage ?

I.W. : Notre gouvernement a été élu avec le mandat de réduire la fonction publique. Le personnel d’Éducation et Formation Manitoba représente l’équivalent de deux autres ministères. Nous avons déjà réduit de manière importante nos effectifs pour être plus efficaces et rentables. Et nous avons éliminé plusieurs postes de sous-ministres adjoints. Nous faisons tous avec moins, tant du côté anglophone que franco phone. Il faut comprendre que le Conseil du Trésor vise une réduction des dépenses publiques. Le cabinet lui-même est passé de 19 ministres à 12.

Cela dit, je suis ouvert à la discussion. Lorsque nous nous rencontrerons, nous nous attendons à ce que les Partenaires s’expriment clairement pour faire entendre la voix de la francophonie. S’ils ont des préoccupations spécifiques, qu’ils les communiquent et nous essaierons d’arriver à une solution. Je peux déjà affirmer que les deux postes vacants au BEF seront comblés, en temps et lieu. (2)

Selon les Partenaires pour l’éducation en français, le sous-ministre adjoint du BEF assure la présence continue de la francophonie au sein de votre ministère en particulier, et du gouvernement en général.

I.W. : Je suis conscient du rôle historique du sous-ministre adjoint du BEF. Et je comprends l’inquiétude des Partenaires, qui veulent une voix francophone au sein du ministère. En fait, Jean- Vianney Auclair (NDLR, l’ancien sous-ministre adjoint du BEF) a une voix et une place d’honneur chez nous en tant que conseiller sénior au sein de la Division de l’éducation postsecondaire et du développement de la main-d’œuvre.

Et nous travaillons pour nous assurer que cette voix se fera encore entendre clairement. Éducation et Formation Manitoba est en pleine transformation. En plus des programmes de la maternelle à la 12e année, nous mettons plus d’accent sur la formation et les métiers au postsecondaire. Il y a toujours lieu d’assurer la voix francophone. Les opportunités sont là. En novembre, j’ai annoncé la création d’un programme d’apprentissage en électricité.

Avez-vous discuté du rôle du BEF et de son sous-ministre adjoint avec Rochelle Squires, la ministre des Affaires francophones ?

W. : Oui, j’ai communiqué le fait que nous allions réduire nos effectifs. Elle n’a exprimé aucune réserve. La ministre Squires est consciente du mandat de notre gouvernement. Elle sait que notre ministère doit prendre ses propres décisions. Comme elle doit prendre les siennes. Je ne lui ai pas suggéré comment elle devrait réduire son personnel.


(1) Au moment d’écrire ces lignes, la date précise de la rencontre n’avait pas encore été déterminée.

(2) Il s’agit de l’agent responsable des statistiques et du calcul des subventions et du coordonnateur des services financiers.


Les Partenaires en détail

La coalition des Partenaires pour l’éducation en français est composée de partenaires clés dans le monde de l’éducation.

Ces partenaires sont : la Commission scolaire franco-manitobaine (CSFM), la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), la Société de la francophonie manitobaine (SFM), la Fédération des Parents du Manitoba (FPM), Canadian Parents for French – Manitoba (CPF), l’Université de Saint- Boniface et la Manitoba Teachers’ Society (MTS), dont font partie les Éducatrices et éducateurs francophones du Manitoba (ÉFM).

La Manitoba Association of School Business Officials, la Manitoba School Boards Association (MSBA), la Manitoba Association of School Superintendents et la Manitoba Association of Parent Councils, bien que signataires de la lettre du 3 novembre adressée à la Province, ne sont pas membres de cette coalition.