Voguer dans la réconciliation

Linda Bussey, participante à un segment de l’expédition C3
Sandra Inniss (L’Aquilon)

 

Linda Bussey a participé à un segment de l’expédition C3, un voyage maritime de 150 jours dans le cadre du 150e anniversaire de la Confédération, qui traverse l’est à l’ouest du pays en empruntant le passage du Nord-Ouest.

 

Linda Bussey a reçu une invitation à se joindre à l’expédition C3[1] six jours avant le départ. C3 offre aux Canadiens de parcourir une partie d’une expédition de 150 jours de Toronto à Victoria pour les célébrations « Canada 150 ». Il s’agit d’une initiative de la Fondation Students on Ice, qui organise des expéditions en Arctique et en Antarctique axées sur l’éducation polaire.

 

Ce voyage est prétexte à aborder divers enjeux : la diversité et inclusion, la réconciliation, l’engagement jeunesse et l’environnement.

 

Lors du segment auquel Linda Bussey a participé, du 11 au 22 juillet, le navire a traversé l’océan Atlantique à partir de Saint-Jean de Terre-Neuve jusqu’à Nain, le village le plus au nord du Labrador. La résidente de Yellowknife dit avoir vécu un voyage qui lui a « donné du vent sous les ailes ».

 

Elle a visité WonderStrand, la plus longue promenade en bois au monde, longue de 49 kilomètres, elle a assisté à une fouille archéologique de maisons inuites, elle a joué au hockey avec les Rangers et les jeunes de Red Bay, elle a touché un iceberg du bout de ses doigts, a fait une course de bateau en carton à Hopedale et a aussi pris un moment de réflexion sur la réconciliation.

Cercles sur la réconciliation

Pour son dossier de candidature en vue de participer à l’expédition, Linda Bussey a rédigé un texte sur la diversité canadienne et la réconciliation : « J’ai parlé du fait que je suis privilégiée de vivre dans un environnement où je peux parler de la réconciliation et que je vis dans une communauté où la diversité est très importante. On en est témoin, explique-t-elle. J’ai réalisé dans mon voyage qu’il y a des gens qui sont tellement loin de ce qui est arrivé dans les pensionnats indiens. Ce qui est bon dans ce voyage-là, c’est qu’on en parle. »

 

Elle a raconté qu’en soirée, le groupe d’invités s’asseyait sur la coque arrière du bateau pour parler de réconciliation, de la diversité dans les communautés, de l’environnement et de la jeunesse avec les participants voyageurs comme elle et les scientifiques, les journalistes, les photographes, les auteurs, les artistes visuels, les ambassadeurs jeunesse et les athlètes. Les passagers du segment 5 (Saint-Jean de Terre-Neuve – Nain) ont également eu l’occasion de naviguer avec Valérie Courtois, directrice de Indigenous Leadership Initiative, un coup de cœur pour la Franco-Ténoise.

 

Linda Bussey est conseillère à la Ville de Yellowknife. Elle affirme avoir été fière de partager les travaux de son conseil municipal, qui applique les appels à l’action issus de la Commission de vérité et réconciliation pour les gouvernements municipaux. « Il n’y a pas beaucoup de gouvernements municipaux à travers le pays qui les ont pris au sérieux », déclare la conseillère. Un membre du conseil de la Ville de Victoria sur le navire a affirmé à Linda Bussey qu’elle présenterait l’exemple de Yellowknife à son équipe.

 

« C’est certain qu’il y a des choses que les gens discutaient qui semblaient évidentes, mais non. On vit ici [aux Territoires du Nord-Ouest] et c’est un privilège. Je l’ai senti comme un privilège. »

 

Le navire poursuit l’expédition dans le passage du Nord-Ouest, pour rejoindre l’océan Pacifique et terminer sa course à Victoria le 28 octobre. Le 25 août, le navire devrait se trouver à Amitruq (Terror Bay) au Nunavut.

 


[1] C3 : trois côtes (atlantique, arctique et pacifique)