Ginette Petitpas-Taylor : « Personne ne l’empêchera de s’impliquer dans les langues officielles »

La nouvelle ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas-Taylor en compagnie du premier ministre Justin Trudeau lors de son assermentation. (Photo : Gracieuseté)
Jean-Pierre Dubé (Francopresse)

 

Après avoir été secrétaire parlementaire des Finances, Ginette Petitpas-Taylor a été nommée ministre de Santé Canada lors d’un remaniement de fin août, et ce, même si la députée acadienne, élue pour la première fois en 2015, n’a pas encore laissé de marque comme politicienne ni comme francophone.

« J’ai été assez surprise qu’elle soit nommée à ce poste, avoue la professeure de science politique du Collège militaire royal de Kingston (Ontario), Stéphanie Chouinard. Elle est nouvelle au sein du caucus libéral. Jusqu’à présent, elle a suivi la ligne du Parti, elle n’a pas pris de position forte. »

 

Ginette Petitpas-Taylor contribue à la parité entre hommes et femmes au Conseil des ministres. La députée de Moncton/Riverview/Dieppe est également identifiée aux minorités : elle fait partie d’un groupe d’une quinzaine d’élus qui représentent les francophones de l’Atlantique, de l’Ontario et de l’Ouest.

 

« Il n’y a personne qui va l’empêcher de s’impliquer davantage dans les langues officielles, poursuit Stéphanie Chouinard. Mais elle n’a pas montré ça pour le moment. Il reste à voir si elle prendra plus de place. »

 

La nouvelle ministre possède une formation et une expérience de travail liées au secteur de la santé. Diplômée de l’Université de Moncton en travail social, elle a œuvré pendant 20 ans à l’Unité des services aux victimes du Détachement Codiac de la GRC. Sa nomination est saluée par la Société santé en français.

 

« Son bagage comme travailleuse sociale lui donne une expérience de première ligne sur l’importance d’avoir accès à des services dans sa langue, soutient le relationniste Antoine Désilets. Elle connaît bien les réalités des communautés francophones et acadiennes en situation minoritaire et les défis auxquels elles font face. »

 

La SSF est confiante que la ministre maintiendra l’engagement du gouvernement, notamment par le Programme de contribution aux langues officielles en santé.

 

Stéphanie Chouinard souligne que le plus important dossier en santé demeure la négociation des enveloppes fédérales avec les provinces et les territoires. « C’est l’épine qui vient avec le portefeuille de la santé et c’est la ministre précédente (Jane Philpott) qui a fait le gros du travail. »

 

La familiarité de Ginette Petitpas-Taylor avec les questions de justice sociale serait un atout pour un des projets majeurs du gouvernement de Justin Trudeau en santé : la légalisation de la marijuana, prévue pour juillet 2018. La nouvelle ministre a reconnu qu’elle avait consommé du cannabis lors de ses études.