De trépidantes lectures estivales

Paul-François Sylvestre (Francopresse)

 

En avion, dans un hôtel, au parc ou sur la plage, vous êtes toujours en excellente compagnie avec un bon livre. Je vous propose cinq lectures estivales qui se logent tour à tour à l’enseigne du roman historique, du polar, du roman psychologique, du livre jeunesse et du « Guinness des records québécois ».

 

Gabriel Osson, Hubert, le restavèk, roman, Ottawa, Éditions David, coll. Indociles, 2017, 312 pages, 21,95 $.

Ce premier roman d’un auteur torontois d’origine haïtienne est basé sur des faits réels, soit le sort des 400 000 enfants qui « restent avec » des étrangers ayant accepté de voir à leur éducation, mais qui les exploitent de façon éhontée.

Hubert naît et grandit à Jérémie au sein d’une famille qui vit dans la misère. Sa mère pense bien faire en le confiant à une tante à Port-au-Prince pour qu’elle s’occupe de son éducation. Or, aussitôt arrivé dans la capitale, Hubert est placé dans une famille riche, mais avare de tendresse. Tout le monde profite du ti-gason (petit garçon) pour se gratifier et le punir au moindre faux pas.

Gabriel Osson montre comment les restavèks n’existent dans aucun registre, n’ont aucune identité. Pas de reconnaissance, bien entendu, pour le travail qu’ils abattent douze ou quinze heures par jour. Son style est direct et parfois incisif. Il excelle dans l’art de décrire des situations difficiles. Les mauvais traitements subis par Hubert en sont un bel exemple, tout comme les quelques pages consacrées au tremblement de terre en 2010.

 

 

 

 

 

 

Laurent Chabin, L’hôtel de la dernière heure, roman policier, Montréal, Éditions Hurtubise, 2017, 188 pages, 10,95 $.

Cet auteur a publié 80 romans en 20 ans ! Son tout dernier polar met en scène un personnage insaisissable, imprévisible et amoral qui « pratique le crime davantage par goût, pour ne pas dire par passion ».

Chabin développe une intrigue assez originale. Les quatre victimes ont séjourné l’une après l’autre dans la même chambre que le criminel Enver Kazan à l’Hôtel des Remparts, à Québec. Leurs appartements ont été cambriolés et fouillés, une victime a été assassinée, une autre assommée. Le lecteur est ni plus ni moins invité à découvrir le fil ténu qui relie ces quatre victimes.

En fin stratège, Laurent Chabin nous fait nager dans un brouillard total, pour ne pas dire un embrouillamini sordide dont il dévoile les tenants et les aboutissants qu’à la toute fin. L’auteur aime nous embarquer dans une spirale d’événements qu’il décrit avec doigté.

 

 

 

 

 

 

 

Christine Lamer, Le clan Bouquet, roman, Montréal, Recto/Verso éditeur, 2017, 352 pages, 29,95 $.

Voici une saga familiale où règnent la fourberie machiavélique, la violence insidieuse, l’intimidation outrageuse et inhumaine. L’action se déroule en Normandie, dans le département du Calvados, où se dressent la cidrerie et le château La Pommeraie. Les enfants du clan Bouquet sont tous « drapés dans leur indifférence, leur pédanterie et leur solennelle froideur ».

La romancière excelle dans l’art de montrer comment le seul ciment de cette fratrie se compose de « convoitises, jalousies, reproches et rivalités ». À la surprise générale, la châtelaine centenaire et présidente du conseil d’administration choisit une fille illégitime comme directrice générale de La Pommeraie. C’est le bouquet !

Il s’ensuit de multiples intrigues que l’auteure pimente allègrement de « perfidie en tout genre ». Sans dévoiler le dénouement de ce roman magistralement orchestré (il se lit comme un polar), je vous invite à vous préparer à une « revanche des jupons intelligents »…

 

 

 

 

 

 

 

Emmanuel Bergeron, Quatre filles en art, biographies illustrées par Caroline Merola, Saint-Lambert, Soulières éditeur, coll. Ma petite vache a mal aux pattes no 145, 104 pages, 9,95 $.

Ce livre pour les 8 ans et plus présente la vie de la grande actrice Sarah Bernhardt, de la créatrice de mode Gabrielle Coco Chanel, de la romancière Agatha Christie, reine du crime, et de la chanteuse québécoise Mary Travers dite La Bolduc.

Sarah, Gabrielle, Agatha et Mary n’étaient pas nécessairement douées quand elles ont commencé leur métier d’actrice, de designer de mode, d’écrivaine ou de chanteuse. De plus, vers les années 1900, ces femmes artistes étaient mal perçues. On disait qu’elles étaient frivoles.

À leur façon, ces quatre femmes en art ont exprimé ce qui les préoccupait et elles ont inventé des rythmes, des vêtements, des rôles et des récits qui n’existaient pas encore. Si on les admire aujourd’hui, c’est parce qu’elles étaient passionnées et qu’elles n’ont pas eu peur du jugement des autres.

 

 

 

 

 

 

Henri Dorion, Anik Dorion-Coupal et Pierre Lahoud, Les plus du Québec, cent questions, Montréal, Éditions de l’Homme, 2017, 240 pages, 32,95 $.

Voici ce qu’on pourrait appeler le « Guinness des records québécois » ou le Québec en long, en large et dans ses extrêmes. Cent questions traitent autant de géographie, d’architecture et de société, ce qui permet de mesurer votre réelle connaissance du Québec et de ses particularités.

Savez-vous quel est le plus haut sommet du Québec ? La mine la plus profonde ? L’espèce de poisson la plus pêchée ? Le nom de famille le plus répandu ? Que ce soient des records, des statistiques frappantes ou encore des faits surprenants au sujet de la Belle Province, tout ça est expliqué en détail et accompagné d’une riche iconographie. Après avoir lu cet ouvrage original, vous pourrez vraiment affirmer connaître le Québec sous toutes ses coutures.