René Cormier maintenant sénateur : Pour une meilleure vie d’artiste

 

Denis Lord (Francopresse)

 

Le sénateur du Nouveau-Brunswick René Cormier a l’intention de faire de l’amélioration des conditions de vie des artistes son cheval de bataille. C’est ce qu’il a déclaré alors qu’il s’apprêtait à prononcer, le 6 juin dernier, une conférence intitulée « Le développement territorial et culturel de l’Acadie, un pari collectif audacieux ».

« Quand on parle de la pauvreté, note M. Cormier, c’est rare qu’on identifie les artistes et les travailleurs culturels comme faisant partie de cette catégorie, pourtant que la majorité d’entre eux vivent sous le seuil de la pauvreté. Alors travailler à l’amélioration de la condition de vie des artistes, c’est aussi travailler à l’amélioration des conditions de vie des plus démunis de notre société. »

Les dossiers de l’évolution du marché du travail, des droits d’auteur, et de l’Internet sont liés aux conditions de vie des artistes et M. Cormier, lui-même metteur en scène et comédien, a déjà commencé à s’y investir.

Au Nouveau-Brunswick, le Groupe de travail du premier ministre sur le statut de l’artiste poursuit actuellement ses travaux, avec notamment la participation de l’Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick (AAAPNB). La directrice générale de cet organisme, Carmen Gibbs, déclarait récemment sur les ondes de la radio d’état que pour que les conditions de vie des artistes s’améliorent, il devait y avoir un arrimage avec la loi fédérale notamment en ce qui a trait à la fiscalité. Le sénateur Cormier a l’intention d’utiliser sa position pour faire avancer la cohésion entre les gouvernements d’Ottawa et de Fredericton.

 

Le pouvoir du Sénat

Entré au Sénat il y a six mois, René Cormier croit que cette institution possède le pouvoir de faire évoluer des dossiers. « Oui, affirme-t-il, on a un impact, la capacité d’amener des enjeux dans l’espace public, d’éveiller les citoyens, d’influencer des projets de loi. On a la responsabilité de porter un regard objectif sur ceux-ci, mais l’essentiel est d’abord de veiller à ce qu’ils tiennent compte des minorités et des régions. »

Le Sénat, souligne par ailleurs René Cormier, consulte actuellement les citoyens canadiens dans l’optique d’une modernisation de la Loi sur les langues officielles.

 

Un bilan

C’est dans le cadre de l’Université d’été de la francophonie des Amériques qu’était présentée à Chicoutimi la conférence de René Cormier.

Elle se voulait un bilan sur les États généraux des arts et de la culture, qui visaient à maximiser l’apport des arts et de la culture à la société acadienne, et dont les principes furent mis en place en 2009.

Pour le sénateur Cormier, les plus grandes réussites des États généraux sont l’intégration des arts et de la culture dans le système d’éducation pour former de meilleurs citoyens, « plus confiants, solides et créatifs » et l’utilisation de la culture dans l’aménagement du territoire en relation avec cette unité de vie francophone incontournable en Acadie qu’est la municipalité.

Les États généraux, aux dires de M. Cormier ont aussi permis d’augmenter le rayonnement des artistes francophones du Nouveau-Brunswick non seulement chez eux, mais dans l’Acadie de l’Atlantique et plus loin. « C’est, observe M. Cormier, un modèle d’action qui dépasse les frontières politiques et permet le développement d’une culture. »

L’AAAPNB procède à une actualisation de la Stratégie globale pour l’intégration des arts et de la culture.