Écoles secondaires françaises: Le long parcours entre projet demandé et terre pelletée

Lors de la première pelletée de terre à Yellowknife, le 2 juin : Yvonne Careen, directrice de la CSFTNO, Simon Cloutier, président de la CSFTNO, Alfred Moses, ministre de l’Éducation, Wally Schumann, ministre de l’Infrastructure, le député Kevin O’Reilly, Jacques Lamarche, président de l’Association de parents, et la députée Julie Green. (Photo : Craig Yeo)
Jean-Pierre Dubé (Francopresse)

 

L’œuvre de l’article 23 se poursuit à pas de tortue au pays. Des parents de Toronto se préparent à poursuivre l’Ontario pour obtenir une école secondaire, ceux de Rose-des-Vents à Vancouver prient Ottawa de leur céder des terres fédérales pour construire, d’autres ont participé le 2 juin à la pelletée de terre à Yellowknife signalant l’érection d’un gymnase demandé depuis 2005.

Tour d’horizon des dossiers au Canada.

 

Yellowknife (TNO)

La demande originale a rapidement pris un tournant juridique avec injonctions, procès et appel en Cour suprême des Territoires en 2015. L’année suivante, les négociations ont repris et les décisions ont suivi. On construira un gymnase communautaire de 476 mètres carrés et deux salles de classe. Le déménagement est prévu pour janvier 2019.

« La construction à l’école Allain St-Cyr commencera bientôt avec la coupe d’arbres et le dynamitage, explique la directrice générale de la Commission scolaire francophone, Yvonne Careen. Tout est sur la roche ici. »

Autre bonne nouvelle : depuis 2016, le gouvernement n’a refusé aucune demande d’admission à l’école française, malgré les contraintes politiques. « Mais on n’a toujours pas d’école de métiers, déplore Yvonne Careen, contrairement aux autres secondaires à Yellowknife. »

 

Whitehorse (YK)

Au Yukon, l’emplacement a été choisi pour la nouvelle école secondaire de la Commission scolaire francophone. La décision prise fin avril promet de régler la revendication laissée en suspens depuis le procès de 2009.

Un budget de 20 millions sur deux ans a été approuvé pour accueillir 200 élèves, permettant de désengorger l’école Émilie-Tremblay. Selon le président de la Commission, Jean-Sébastien Blais, les travaux pourraient commencer dès cet été et la rentrée est prévue pour 2019.

Le secondaire sera situé dans la réserve éducative de Riverdale, entre deux autres écoles. Ce choix facilitera les travaux étant donnée la présence d’infrastructures de base. Les plans de l’établissement seront dévoilés en juin.

 

Toronto (ON)

Dans l’Est de Toronto, la Coalition de parents pour une école secondaire de quartier a lancé le 5 juin un ultimatum à la Province. En vertu du droit constitutionnel à l’équivalence en éducation, elle menace d’intenter une poursuite d’ici la fin juin pour mettre fin à trois années de pressions politiques.

Selon les parents des quartiers de Riverdale-Danforth, Beaches-East York et Leslieville, l’Ontario doit trouver une solution pour éviter le transfert à l’école anglaise des finissants de trois écoles élémentaires de langue française. Le groupe a reçu un financement fédéral pour sa cause.

 

Iqaluit (NU)

L’avenir du secondaire préoccupe également les parents d’Iqaluit. En 2013, la Commission scolaire francophone demandait d’agrandir son élémentaire et de construire un secondaire. Depuis trois ans, les élèves des 10e, 11e et 12e années de l’école des Trois-Soleils fréquentent des locaux loués au sein d’un secondaire avoisinant.

En 2015, les commissaires ont entamé une action contre le Nunavut, mais l’ont ensuite suspendue en attendant l’issue de négociations. Selon le président Luc Brisebois, une entente de quatre ans a été conclue le 15 mai dernier pour continuer d’utiliser les locaux de l’école Inuksuk en incluant dès septembre les élèves de la 9e année.

 

Vancouver (CB)

À Vancouver, le Conseil scolaire francophone se réjouit d’un rapport du Sénat de fin mai contenant 17 recommandations pour renforcer l’apprentissage du français en Colombie-Britannique. L’an dernier, le Conseil avait demandé l’intervention de Patrimoine canadien pour le transfert de terrains fédéraux afin d’y construire deux écoles.

« Une portion des terrains du fédéral permettrait la construction d’écoles qui répondraient aux besoins à Vancouver, indique la présidente du CSF, Marie-France Lapierre, et réparerait ainsi une entorse aux droits reconnue par des jugements légaux. »

Le rapport sénatorial rappelle aux trois niveaux de gouvernement l’obligation d’appuyer la mise en œuvre de l’arrêt de la Cour suprême en 2015 dans la cause de l’école Rose-des-Vents. Entretemps, le Conseil loue l’école Henderson du Vancouver School Board pour résoudre les problèmes de l’école surpeuplée et désuète.