Les arts au service de la lutte pour les droits

La sénatrice Marilou McPhedran représente le Manitoba. Elle est membre du Comité sénatorial des droits de la personne, du Comité sénatorial des affaires sociales, des sciences et de la technologie, du Comité sénatorial de la sécurité nationale et de la défense, ainsi que le Comité sénatorial des peuples autochtones.
Sénatrice Marilou McPhedran

L’art a le pouvoir unique d’inspirer, de réunir les gens et de susciter des changements sociaux. Toutefois, bien des artistes de partout au Canada souffrent du manque de ressources et de public, que l’on retrouve dans les grands centres du pays. Cette réalité fait que les appels à l’action politique de plusieurs Canadiens marginalisés ne sont pas entendus. Il est essentiel de mieux répartir les ressources consacrées à la culture pour unir les communautés à l’échelle du pays. Nous avons besoin d’aide pour offrir aux jeunes d’aujourd’hui les possibilités dont ont été privées les générations précédentes.

Comme sénatrice, j’ai décidé de lancer une série d’évènements visant à mettre le Sénat en relation avec les jeunes, et les jeunes avec le Sénat. En tant que représentante du Manitoba, j’avais pour objectif de mettre les sénateurs, les députés et leurs employés en contact avec la créativité qui émane de l’Ouest canadien.

Cette initiative a pris son envol avec l’événement Experience Manitoba Art Live (vivre l’art manitobain en direct). À cette occasion, nous avons accueilli Lennard Taylor (en anglais seulement), un jeune créateur de mode établi à Winnipeg. Il a commencé sa carrière dans l’industrie mondiale de la mode, mais a par la suite décidé d’ouvrir son propre atelier dans le centre-ville de Winnipeg. Ses créations sont empreintes d’inclusion et de diversité et visent à favoriser la solidarité communautaire.

J’ai choisi Lennard pour ce premier évènement pour deux raisons. Premièrement, il représente la jeunesse canadienne. Deuxièmement, j’admire son engagement envers le design éthique et écologique. Ce dernier a quitté l’industrie lucrative de la mode, notamment en raison des pratiques de travail discutables auxquelles les entreprises ont souvent recours pour réduire leurs couts. Depuis, il se fait un devoir d’effectuer tous ses achats lui-même : il peut regarder n’importe quel client et lui dire : « Je sais exactement d’où proviennent tous les matériaux de ce vêtement et comment il a été confectionné. » Pour lui, l’important n’est pas de produire au plus bas cout possible. Car plus le cout est bas, plus il y a exploitation humaine.

Dans le cadre de l’événement, Lennard a peint un motif unique sur un chemisier qui porte sa marque pour Charlie Lowthian-Rickert (en anglais seulement), l’une des plus jeunes militantes pour les droits des transgenres au Canada. Charlie et sa famille incarnent les idées qui inspirent l’art de Lennard : l’union pour l’inclusion communautaire et le renforcement de la démocratie. Ensemble, Lennard et Charlie ont montré toute la puissance de l’art et ont fait connaître différents moyens d’expression que peuvent utiliser les groupes qui luttent pour leurs droits.

À cette occasion, Charlie s’est exprimée au sujet des lois sur les droits de la personne et elle a appuyé le projet de loi C-16, dont l’adoption permettrait d’ajouter l’identité de genre et l’expression de genre à la liste des motifs de discrimination illicite. Ce projet de loi fait actuellement l’objet d’une étude par le Comité sénatorial des affaires juridiques et constitutionnelles, même s’il n’a pas toujours été facile de le rendre jusque-là.

Il est grand temps que les droits des transgenres, l’identité de genre et l’expression de genre soient protégés par le Code criminel et par la Loi canadienne sur les droits de la personne. Le Canada se doit d’être inclusif pour tous.


Chaque semaine, par le biais de Francopresse, un sénateur ou une sénatrice présente un texte d’opinion sur un sujet pertinent pour les lecteurs de Francopresse et des journaux membres de l’Association de la presse francophone. 

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