Suggestions de lecture à saveur nordique

Mylène Bellerose
(Le Nunavoix/Francopresse)

Quand je suis en vacances dans le Sud, je m’ennuie souvent du Nunavut. Après quelques jours, j’en ai assez du magasinage, du trafic et de l’anonymat des grandes villes.

Je crois que c’est pour cette raison que je suis toujours à l’affut de ce qui est écrit sur le Nord. De cette manière, je peux voyager tout en lisant un roman qui me rappelle le Nunavut. Au cours des dernières années, plusieurs livres en français dont l’histoire se déroule en terre inuite ont été publiés. Voici donc quelques suggestions de lecture, si vous voulez à votre tour découvrir ce territoire vaste et pur.

Nirliit
(Juliana Léveillé-Trudel)

Nirliit (« oies » en inuktitut), le premier roman de Juliana Léveillé-Trudel, traite de tous les problèmes du Nord : suicide, alcoolisme, violence conjugale, drogue, tout y passe. Le récit se déroule à Salluit. La narratrice est une jeune Québécoise qui va passer ses étés au Nunavik.

Le roman comporte deux parties et elle s’adresse directement à Eva et à Elijah. Eva est son amie disparue, victime de la violence et Elijah est le fils d’Eva, qui vit des moments difficiles. En toile de fond, la narratrice réfléchit à sa place dans le Nord, un endroit où les Blancs sont soit des aventuriers, des missionnaires, ceux qui viennent pour l’argent ou des mésadaptés sociaux.

 

Panik
(Geneviève Drolet)

Geneviève Drolet, en plus d’être auteure, est une artiste de cirque accomplie. Elle a connu le Nunavut en donnant des ateliers pour Artcirq, à Igloolik, où se déroule Panik (fille en inuktitut).

Panik est l’histoire de Dorothée, une jeune fille laissée à elle-même après que ses parents l’aient envoyée sur l’île de Baffin, on ne sait pas trop pourquoi. Elle vit dans une cabaneavec un homme peu bavard qu’elle appelle le Yéti, et elle découvre le Nord en cherchant une peau de renard dans le dépotoir, en allant voler des pop-tarts au Northern et en rencontrant plusieurs personnages hauts en couleur. Panik nous amène dans univers trash où l’on apprend les raisons de la venue de Dorothée à Igloolik.

 

Nunavik
(Michel Hellman)

Je vous propose ici une incursion dans le monde de la BD. Michel Hellman devait, à l’origine, faire un tome 2 à sa BD Mile End. Son éditeur, ayant déjà annoncé Mile End II dans les publications à venir des Éditions Pow Wow, lui a demandé de ne pas changer de thème à la dernière minute… C’est ainsi que Nunavik est né. On y suit l’auteur, alors qu’il part en voyage au Nunavik.

Nunavik présente la perspective d’un touriste qui passe par 4 communautés au nord du Québec. Une bande dessinée humoristique, notamment lorsque l’auteur méprend Kent Nagano pour un aîné inuit, qui se lit facilement et qui présente un portrait des espoirs et constats d’un visiteur dans le Grand Nord québécois.

 

Nord Alice
(Marc Séguin)

L’artiste visuel Marc Séguin raconte l’histoire d’un cœur brisé sur une toile nordique. Un médecin part au Nunavik à la suite d’une rupture difficile avec Alice, une Inuite rencontrée lors de ses études en médecine. En plus de suivre le narrateur lors de ses péripéties à Kuujjuaq, on retourne dans le passé à la rencontre de ses ancêtres, ce qui nous amène à l’extrême ouest du Nord canadien, au Klondike.

 

Je ferme les yeux pour couvrir l’obscurité (Kelly Berthelsen)

Il y a peu de romans écrits par des Inuits. Encore moins publiés en français ! Ce recueil de nouvelles groenlandais a été publié dans la collection « Imaginaire Nord/Jardin de givre » des Presses de l’Université du Québec. Elles ont aussi publié beaucoup d’autres romans nordiques.

Dès les premières pages du livre de Kelly Berthelsen, on tombe dans un univers rude et sans tabou. On y parle de façon crue et directe d’alcool, de colonialisme, de légendes inuites, de pensées noires et d’isolement. Après avoir lu plusieurs livres sur le Nord avec des perspectives occidentales, ça fait du bien de lire l’œuvre d’un Inuit qui traite des mêmes sujets, mais sous un angle plus personnel.