Plaisir d’apprendre… même à 75 ans !

En Alberta et ailleurs au Canada français, les aînés se font une joie de retourner sur les bancs d’école.
André Magny (Francopresse)

Il n’y a pas d’âge pour apprendre. Et la centaine de personnes qui participeront en mai prochain à la prochaine Université du 3e âge au Campus St-Jean d’Edmonton ne dira certainement pas le contraire ! Et ils sont de plus en plus nombreux à travers le Canada francophone à s’asseoir sur les bancs universitaires.

Pendant cinq jours, en mai, plusieurs têtes blanches emprunteront la rue Marie-Anne Gaboury à Edmonton pour se rendre à leurs cours, sur le Campus St-Jean de l’Université de l’Alberta. Depuis 2006, la Fédération des aînés francophones de l’Alberta (FAFA) organise Plaisir d’apprendre, une formation d’une semaine destinée aux plus de 50 ans. « Il n’est pas nécessaire d’avoir une base universitaire », précise Yannick Freychet, le directeur général de la FAFA. Aucun devoir, aucun crédit alloué, des profs bénévoles, des thèmes liés à l’actualité ou à la culture générale comme la littérature ou l’ouverture au monde, voilà un peu le portrait de cette rencontre destinée aux aînés, « qui constituent le tiers de la communauté franco-albertaine », précise M. Freychet.

Qu’on soit médecin ou agriculteur, chacun est invité à se joindre à cet événement dont l’objectif est de redonner le goût d’apprendre aux plus âgés.

Retour sur les bancs d’école

Les aînés franco-albertains ne sont pas seuls à vouloir parfaire leur éducation.

Jean-Luc Racine, directeur général de la Fédération des aînés et aînées francophones du Canada (FAAFC), s’enthousiasme à l’idée que les universités du 3e âge répondent à un véritable besoin.

Les communautés franco-canadiennes s’inspirant de ce qui se fait à l’Université de Sherbrooke, une université québécoise leader dans le domaine de l’enseignement pour les 50 ans et plus, M. Racine salue au passage les initiatives à Sudbury ainsi qu’à l’Université Ste-Anne de la Nouvelle-Écosse et à Moncton.

Mais la dernière université, la plus récente, celle qui retient le plus l’attention, c’est celle du Yukon. « En fait, nous ne nous appelons pas université puisqu’il n’y a pas d’université au Yukon. Nous parlons plutôt d’un Campus du 3e âge », explique Isabelle Sallesse, la directrice de l’Association franco-yukonnaise (AFY). « Nous avons approché, poursuit-elle, l’Université de Sherbrooke pour un partenariat. Dans le cadre d’un projet pilote, l’Université de Sherbrooke proposera avec le professeur Luc Guay un cours en ligne sur la civilisation romaine, qui doit débuter sous peu. » On parle aussi d’un cours sur les légendes autochtones qui doit voir le jour à l’automne 2017. Des ateliers seront aussi donnés dans le cadre du projet du Campus. Soutenue financièrement par la FAAFC, il importe pour Isabelle Sallesse de briser l’isolement des aînés.

Initiative albertaine

Cours le matin et l’après-midi, plus diverses activités culturelles ainsi que cinq repas seront ainsi proposés pour 125 $ au campus St-Jean en mai. Une aide financière peut même être accordée à ceux et celles qui viendraient de l’extérieur d’Edmonton. La programmation est d’ailleurs dévoilée ces jours-ci sur le site de la FAFA.

Et pour ceux qui ne pourraient pas se déplacer toute une semaine, la FAFA propose également ses Cafés Philo. Des conférences données au sein des communautés et qui abordent des sujets aussi divers que la bioéthique ou l’avenir des forces armées canadiennes.