Compétences en alphabétisation, la clé du succès

Elizabeth Hubley est une sénatrice qui représente l’Île-du-Prince-Édouard. Elle est vice-présidente du Comité sénatorial des pêches et des océans et membre du Comité sénatorial des droits de la personne.

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Elizabeth Hubley

Je sais que c’est difficile à croire, particulièrement dans un monde aussi axé sur la technologie, mais 48 % des Canadiens n’ont pas les compétences nécessaires en matière d’alphabétisation pour participer pleinement à notre société.

Effectivement, près de la moitié des Canadiens âgés de 16 à 65 ans ne possèdent pas les compétences minimales requises pour réussir dans la vie, et les plus bas taux d’alphabétisation du pays sont observés dans le Canada atlantique.

Comment peut-on espérer prospérer alors que notre population ne dispose pas des compétences requises pour réussir ?

L’alphabétisation a d’importantes retombées positives, tant pour les individus que pour les communautés. La plus est évidente est bien entendu la retombée économique. Nous savons tous qu’il existe une corrélation entre le niveau d’alphabétisation et l’échelon salarial. Nous savons également que les Canadiens qui ont de faibles compétences en alphabétisation ont deux fois plus de chance de se retrouver sans emploi et lorsqu’ils ont un emploi, il est souvent mal rémunéré.

Les taux d’alphabétisation ont aussi une influence sur la santé. Avant toute chose, les personnes ayant de faibles compétences en alphabétisation sont plus enclines à subir un accident de travail, car elles sont incapables de lire les consignes de santé et de sécurité, ou les instructions d’utilisation. De façon générale, ces personnes sont également employées dans le secteur primaire ou dans celui de la construction, où les taux d’accidents sont supérieurs à la moyenne. Cela entraine un taux d’absentéisme plus élevé, une baisse de productivité et la possibilité d’exposer les autres travailleurs à un risque plus élevé d’accidents.

Malgré l’admirable travail de plusieurs organisations, le fait est que nous avons perdu du terrain sur cette question au cours de la dernière décennie. Nous avons perdu des organisations, des bénévoles et des professionnels compétents. Ceci étant dit, il est toujours possible de renverser la vapeur, et le gouvernement fédéral se doit de faire sa part.

Nous devons appuyer les organisations qui contribuent concrètement aux programmes d’alphabétisation. Nous devons inciter plus d’employeurs à investir dans l’alphabétisation et le développement des compétences essentielles de leurs employés. Pour ceux qui sont sans emploi et qui ont de faibles compétences en alphabétisation, nous devons créer d’autres possibilités d’apprentissage. Il ne fait pas de doute que nous bénéficierions tous de l’établissement et de la mise en œuvre d’une stratégie nationale d’alphabétisation.

Améliorer le niveau d’alphabétisation dans l’ensemble du pays aurait assurément de réelles retombées positives pour les personnes visées, mais aussi pour nos communautés et l’ensemble du Canada. Nous devons faire plus, en tant que pays, pour nous assurer que tous les Canadiens tirent profit de leur plein potentiel, et nous devons le faire dès maintenant.