Il faut une solution pour faciliter la mobilité des Autochtones à la frontière

Chaque semaine, par le biais de Francopresse, un sénateur ou une sénatrice présente un texte d’opinion sur un sujet pertinent pour les lecteurs des journaux membres de l’Association de la presse francophone. Les opinions exprimées dans les lettres d’opinion publiées sur Francopresse n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position de Francopresse ou de l’Association de la presse francophone (APF).

Sénatrice Lillian Eva Dyck et Sénateur Dennis Patterson

Pour de nombreux membres des communautés des Premières Nations situées le long de la frontière entrer au Canada ou aux États-Unis est une activité quotidienne.

Il arrive que leur famille vive d’un côté de la frontière, et que leur travail se trouve de l’autre.

Or, comme on ne peut accéder à certaines parties du côté canadien de la réserve d’Akwesasne que par les États-Unis, les personnes en provenance de ce pays qui se rendent dans la partie ontarienne de la réserve doivent faire un détour par Cornwall pour signaler leur entrée aux agents des services frontaliers.

Conséquence : bien des membres des Premières Nations qui travaillent, font des emplettes ou passent du temps en famille de l’autre côté de la frontière perdent de longues heures aux postes frontaliers.

Le Comité sénatorial des peuples autochtones cherche une solution à cet irritant de longue date et a donc publié un rapport intitulé Questions relatives au passage des frontières et le Traité de Jay, qui s’appuie sur les témoignages de nombreuses personnes qui doivent composer avec ces formalités administratives aux passages frontaliers.

En effet, le Traité de Jay, signé en 1794 par les représentants des gouvernements américain et britannique, garantissait la mobilité frontalière. Or, il n’a jamais été reconnu au Canada et il n’a aucune application concrète de nos jours.

Néanmoins, il sert de fondement historique au renforcement de la mobilité frontalière.

Le gouvernement sait bien qu’un certain nombre de mesures sont déjà en place pour accélérer le passage à la frontière pour les voyageurs fréquents qui représentent un faible risque et qui ne compromettent pas la sécurité à la frontière.

Nous croyons que l’on peut mettre en œuvre une solution qui assure l’équilibre entre les besoins de sécurité et le respect fondamental des réalités de la vie dans les réserves transfrontalières.

Depuis la publication du rapport, le gouvernement fédéral a nommé un représentant spécial pour faciliter la mobilité à la frontière, mais leur solution à la question tarde à se faire entendre.

Les peuples des Premières Nations des quatre coins du pays sont aux prises avec des difficultés que d’autres Canadiens ne connaissent pas. Le passage à la frontière ne doit plus en faire partie — c’est maintenant le moment de prendre action.

Lillian Eva Dyck est une sénatrice du Manitoba, présidente du Comité sénatorial des peuples autochtones. Dennis Patterson est un sénateur du Nunavut, vice-président du Comité sénatorial des peuples autochtones.