La diminution des quotas de pêche : une opportunité réelle pour l’aquaculture

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Les opinions exprimées dans les lettres d’opinion publiées sur Francopresse n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position de Francopresse ou de l’Association de la presse francophone (APF).

Fabian Manning, sénateur

Partout dans le monde, la consommation de poisson augmente, et l’aquaculture canadienne pourrait fort bien être le moyen de répondre à la demande sans cesse grandissante.

À l’échelle mondiale, les stocks de poisson diminuent, tout comme les quotas fixés par les gouvernements.

En revanche, la population mondiale, elle, continue de croître de façon soutenue. Selon les Nations Unies, d’ici 2030, 27 millions de tonnes de poisson additionnelles seront nécessaires pour maintenir la consommation par habitant au niveau actuel.

Si nous ne nous adaptons pas dès maintenant, nous risquons d’être aux prises avec une crise qui ne cessera de s’aggraver.

Cela dit, la situation actuelle représente une occasion unique pour le secteur de l’aquaculture, qui se consacre à l’élevage et à la récolte d’organismes aquatiques. En effet, il pourrait combler l’écart sans cesse grandissant entre la production de poisson et la demande à l’échelle mondiale.

L’aquaculture fournit déjà près de 50 % du poisson et des fruits de mer consommés partout dans le monde.

Or, malgré le fait que le Canada possède le plus long littoral maritime et le plus grand nombre de lacs d’eau douce au monde, nous accusons du retard par rapport aux autres pays dans cette industrie en plein essor. En effet, pour le moment, seulement 20 % du poisson et des fruits de mer produits au Canada proviennent du secteur de l’aquaculture.

À titre de président du Comité sénatorial des pêches et des océans, j’ai eu l’occasion d’étudier les possibilités d’accroître la production du secteur de l’aquaculture au Canada ainsi que les obstacles à sa croissance. Le Comité a publié ses conclusions dans le rapport intitulé Un océan de possibilités : L’aquaculture au Canada.

La production découlant de l’aquaculture est à la fois responsable sur le plan social et durable sur le plan écologique.

De plus, cette industrie crée déjà environ 6000 emplois à plein temps dans les collectivités côtières et autochtones du pays où, bien souvent, les autres sources d’activité économique sont limitées.

Au cours de la dernière année seulement, les exportations de poissons d’élevage du Canada ont totalisé 770 millions de dollars.

En doublant la production, nous pourrions offrir plus de 20 000 nouveaux emplois et accroître notre produit intérieur brut de 1,5 milliard de dollars.

Malheureusement, il peut être extrêmement pénible de se lancer dans l’aquaculture puisque pas moins de 70 lois différentes régissent cette industrie au Canada.

Le Canada doit donc se doter d’une loi concise sur l’aquaculture afin de faciliter le démarrage d’entreprises dans ce secteur, de régler les questions de compétence et d’accroître la certitude en matière de réglementation.

Le Canada est un pays qui possède d’importantes ressources relatives à la pêche. Cela dit, il est maintenant temps de prendre notre place au sein de cette industrie de demain. Si nous ne le faisons pas, un jour, nous devrons peut-être acheter les prises des autres.

Le sénateur Fabian Manning représente Terre‑Neuve. Il est le président du Comité sénatorial permanent des pêches et des océans.