Publié le mardi 4 septembre 2012

Pascal Lejeune : le bruit des machines... et du rock

Par Jean-Étienne Sheehy

Pour son troisième album, Pascal Lejeune troque la chanson française pour le rock americana. Après l’excellent et introspectif Adélaïde, paru en 2009, l’auteur-compositeur-interprète néo-brunswickois s’adjoint les services de Joseph Edgar à la réalisation et renouvelle son approche artistique sur Le bruit des machines, son troisième disque.

Si ce virage rock peut sembler étonnant, il est surtout rafraîchissant et généralement efficace. D’entrée de jeu, il faut voir ce disque comme étant complémentaire à une discographie imposante, plutôt que de tenter de le situer parmi le folk et la sensibilité des deux premiers albums.

Bien que ses chansons soient maintenant construites autour de guitares électriques, on reconnaît toujours l’aspect roots dans l’œuvre de Pascal Lejeune. Musicalement, Le bruit des machines tire ses influences du rock américain des années 1960 et 1970 avec des accents country et folk rock. On reconnaît d’ailleurs autant des traces des Allman Brothers que de Stephen Faulkner au long des 11 pièces. Si par moments quelques temps morts occupent le disque, les arrangements inspirés du rock sudiste meublent habilement les chansons.

La lourdeur des musiques convient bien au propos. La plume de Pascal Lejeune est plus incisive que jamais, alors qu’il tente sa chance du côté de la critique sociale sur quelques chansons, dont la pièce titre, qui évoque la fermeture des mines de sa région d’origine. On lui reconnaît toutefois la même aisance avec les mots qui servent avant tout à exprimer des états d’âme avec grande précision. Les images sont fortes et elles marquent l’écoute. Sur Mon Bébé, Ma Cadillac, Pascal Lejeune réussit le tour de force de raconter un vol de banque dans la langue de Molière, sans passer près de tomber dans la parodie. Parfois, ce sont les textes qui portent les mélodies, mais ils ont le mérite d’être à la fois poétiques et narratifs; on a l’impression de lire le Vagabond solitaire de Jack Kerouac.

Le bruit des machines est un bon disque rock comme il s’en fait peu dans le Canada francophone. Pascal Lejeune a bien défini ce nouveau terrain de jeu, sans dénaturer son instinct créatif, avec cet album qui pourrait très bien être la bande sonore d’une ballade en voiture dans l’Amérique rurale, entre l’étendue infinie des routes et les endroits peu recommandables. Gageons que Le bruit des machines prendra tout son sens en spectacle.

 

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